L’annonce de la Commission européenne (CE) de l’inclusion de Maurice sur une liste de juridictions financières à «haut risque» à compter du 1er octobre 2020 rompt avec la tradition de l’Union européenne (UE) de mener des «consultations fructueuses» avant toute décision majeure. C’est ce qu’explique le ministère des Services financiers dans un communiqué, circulé dans la soirée de ce 9 mai.

Le ministère de Mahen Seeruttun déplore ainsi une décision «contraire à l’esprit du dialogue et de partenariat» qui a cours ordinairement entre Maurice et l’UE. Le communiqué précise que dès que le ministère a été tenu au courant de l’inclusion de Maurice sur la liste, à travers un article de presse le 5 mai dernier, il a tenté d’ouvrir un dialogue avec la CE.

Le communiqué rappelle que l’annonce de la CE intervient dans le sillage de la décision de la Financial Action Task Force (FATF) de placer Maurice sur sa liste grise de pays nécessitant une «increased monitoring». Mais précise aussi que Maurice avait fourni un «high level political committment» pour mettre en œuvre un plan d’action afin de palier les manquements relevés dans le système de contrôle des transactions financières dans le secteur du global business à Maurice.

Assurant que le cadre légal local de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a été «extensively revamped», le ministère estime que Maurice ne souffre d’aucune «technical compliance issue». Le pays ayant notamment mis en œuvre 35 de 40 recommandations clés de la FATF.

Le ministère des Services financiers observe que comme Maurice, des membres de pays membres de la FATF doivent eux-mêmes effectuer des changements afin d’atteindre un «high or substantial level of effectiveness» dans leurs systèmes de lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.

Malgré le couvre-feu sanitaire en cours à Maurice, le pays a réitéré sa volonté d’apporter les changements nécessaires à travers un premier progress report envoyé à la FATF. Le ministère regrette que ce rapport n’a pu être étudié en temps et en heure car la FATF a cessé ses évaluations à cause de la crise du Covid-19.

Le ministère des Services financières réitère le «high level political commitement» du gouvernement pour appliquer le plan d’action de la FATF afin de sortir de sa liste grise et celle de l’UE. Pour cela, elle compte notamment prendre avantage de l’assistance technique fournie par la German Development Agency.

 

Photo: Mahen Seeruttun en compagne de Marjaana Sall, l’ancienne ambassadrice de l’Union européenne à Maurice.

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