Les autorités financières mauriciennes ont perdu du temps et des ressources durant ces derniers mois. Jean-Claude Bastos de Morais a finalement conclu un «accord à l’amiable» avec Luanda qui l’a libéré après l’avoir accusé d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de corruption l’an dernier.

L’Angola avait dépêché un émissaire auprès du Premier ministre Pravind Jugnauth afin que Port-Louis enclenche les démarches pour bloquer les comptes du groupe Quantum Global dirigé par Jean-Claude Bastos de Morais. Il avait avancé que ce proche du fils de l’ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos avait siphonné 250 millions d’euros du fonds souverain angolais, le Fundo Soberano de Angola (FSDEA).

Après près d’un an de procédures à Port-Louis, à Londres et à Luanda, le régime angolais a décidé de retirer toute plainte pénale contre l’homme d’affaire suisse d’origine angolaise. La Financial Intelligence Unit (FIU) a aussi informé la Cour suprême mauricienne de l’arrêt des procédures contre Quantum Global, lequel a vu la restitution de ses permis d’opération par la Financial Services Commission (FSC).

Ce développement intervient après que la justice britannique et suisse aient rejeté les arguments de Luanda pour le gel des avoirs de Jean-Claude Bastos de Morais à travers le monde. L’accord à l’amiable entre Luanda et l’homme d’affaires dont le nom avait été cité dans les Paradise Papers inclut l’abandon de toutes poursuites contre la FSDEA à Maurice et en Grande-Bretagne.

Le fonds souverain de l’Angola qui pèse 5 milliards de dollars a été mis sur pied en 2012 dans l’intention de redistribuer la richesse du pays aux plus démunis. Jose Eduardo dos Santos a placé son fils et éventuel héritier politique, José Filomeno dos Santos, dit Zénu, à la tête du FSDEA. Ce dernier s’est alors tourné vers son ami d’enfance et partenaire en affaires Jean-Claude Bastos de Morais pour sa gérer ce cet argent.