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C’est le silence radio aux Caserne centrales face aux nombreuses vidéos circulant depuis mardi soir sur les réseaux sociaux et les services de messageries montrant des membres de la force policière insultant copieusement et tabassant des citoyens ne respectant pas le couvre-feu total imposé par le Premier ministre. Le Deputy Commissioner of Police Krishna Jhugroo chargé par le gouvernement à faire respecter la loi déclare n’avoir pas vu ces clips mardi avant d’inviter le public à attendre la grande messe du comité de communication nationale sur le Covid-19 prévu ce jeudi 26 mars à 11h30 pour s’expliquer.

Le Commissaire de police Mario Nobin, occupé à signer les laissez-passer, est resté injoignable même si ION News lui a transmis, de même qu’à certains membres de son état-major, ces nombreux clips. Cela inclut la dernière vidéo partagée en fin d’après-midi de ce mercredi 25 mars montrant deux hommes menottés, en sang, jetés à même le sol. Tout laisse penser que ce sont des policiers qui tournent eux-mêmes ces vidéos pour se les partager jusqu’à ce qu’elles se retrouvent sur la place publique.

«Bravo. Il faut la manière forte face aux fortes têtes», déclare un Senior Minister. Son opinion n’est cependant pas partagée par de nombreux gradés responsables de différentes régions de l’île. «Nous devons comprendre dans quelle situation se retrouvent les gens, déjà que nous empiétons sur leur liberté. J’ai demandé à mes hommes de ne pas imiter ces fous furieux circulant ces vidéos. Nous ne devons pas insulter les gens ou les tabasser. Il y a malheureusement deux courants de pensée aux Casernes centrales : d’un côté, des chefs qui tolèrent ces dérives, de l’autre, d’autres s’y opposent. Il n’y a pas de code de conduite défini», explique un surintendant.

«Cette situation va déraper et provoquera une grave crise sociale si nous ne faisons pas attention. Il y a d’autres façons de faire. La police a été à Cité La Ferme, Bambous, pour conscientiser les gens (photo). C’est la méthode à adopter. Nous nous retrouvons à l’époque des hommes du surintendant Raddhoa qui agissaient en toute impunité. Au moins eux avaient suffisamment d’intelligence pour ne pas se filmer», déplore un autre surintendant comptant au moins trois décennies de service au sein de la force policière.

Dans la série de vidéos circulées sur les réseaux sociaux et montrant une opération de police dans un faubourg de la capitale, des policiers ainsi que des soldats de la Special Mobile Force ont investi une maison pour arrêter des suspects sous prétexte qu’ils ont agressé des agents dans l’exercice de leurs fonctions. Une autre vidéo montre que cette équipe de policiers a bien été malmenée après avoir bousculé une vieille dame. Il y a le fond et la forme, note l’avocat Sanjeev Teeluckdharry qui invite ceux qui ont été victimes de brutalité policière de le contacter pour instruire une action au civil et au criminel contre l’Etat et le Commissaire de police.

Plusieurs unités de la police pointent également du doigt les agissements d’une équipe menée par un officier récemment promu. Le couvre-feu ne sera pas éternel, certains auront des comptes à rendre, souligne un sergent en demandant aux Mauriciens de laisser faire la justice.

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