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En cette période de fin d’année, alors que beaucoup sont impatients pour faire la fête, n’oublions pas celles et ceux qui ont succombé sur nos routes. Les statistiques ne disent rien de la douleur tragique des parents et proches de ceux qui ne sont plus là. Nous ne pouvons les oublier. Certainement, à Dieu nous appartenons, et à Lui est notre retour.

Et pourtant, il y a encore ceux qui se laisseront aller ces jours-ci, si insouciants de la menace qu’ils présentent pour eux-mêmes et pour les autres. L’alcool au volant, avec la vitesse, demeure un danger mortel. La contradiction se trouve bien dans la libre vente de boissons alcooliques prenant l’ascenseur aujourd’hui, alors qu’au même moment on appelle à la vigilance. Est-ce de l’hypocrisie ou de la stupidité ?

Autre contradiction, l’arrogance au volant de certains que nous voyons tous sur nos routes, ne respectant ni la moindre exigence de courtoisie ni le code de la route. Et pourtant, ces tueurs potentiels, que nous finissons souvent par reconnaître, sont rarement inquiétés par la police. Contradiction encore lorsque les motards sont gratifiés de bouteilles de whiskey par les compagnies de transport en cette période festive.

Que font les autorités ?

Un rapport de l’Institute of Health pour le compte du Mauritius Research and Innovation Council est édifiant. Avec les morts, il y a aussi «95% des blessés graves qui souffrent d’incapacités permanentes après les accidents». Parmi, 40% ne peuvent continuer leurs activités après, doivent abandonner leurs emplois ou leurs études. On imagine les épreuves sociales, familiales, intimes, psychologiques et morales qu’ils vivent, leurs proches également.

Le même rapport préconise «d’améliorer les infrastructures routières et la prise en charge des blessés graves. Les ambulances dites normales (qui ne dépendent pas du Samu) devraient être équipées d’équipements et de personnel urgentiste formé. Un suivi post-hospitalisation est aussi nécessaire pour un meilleur rétablissement des patients. Autre point soulevé : la création d’un Trauma Centre, de même que la mise en place d’un système de compensation aux accidents pour les cas qui ne sont pas couverts par une assurance».

Si les autorités laissent ce rapport pourrir dans un tiroir, ne s’agit-il pas là d’un autre cas flagrant de refus d’assistance à personnes en danger ? pire, de négligence menant à la mort et à des blessures graves ? Et que dire du temps que prend le Samu à intervenir, une lacune tant décriée par les proches des victimes ? Pourquoi ne pas stationner des ambulances spécialisées à des «black spots», là où il est très probable que les accidents auront lieu ? L’idée d’un Trauma Centre, évoquée plus haut, est capitale car nous savons comment l’Intensive Care Unit est débordée dans les hôpitaux publics, souvent le personnel ne sachant que faire dans certains cas. Il faut aussi veiller à ce que les cliniques privées, avec les compagnies d’assurance, n’abusent pas du désespoir de celles et ceux dont les proches sont victimes d’accidents graves.

Au nom de Dieu

Nos véhicules à Maurice arborent souvent toutes sortes de signes religieux, des idoles aux versets de livres saints sur les pare-brises et les tableaux de bord. Et pourtant, le comportement des chauffeurs sont souvent tout le contraire de ce que prêchent les religions en matière de respect, de patience, de générosité, de bonté, de gentillesse et d’amour de son prochain. Par exemple, comment un musulman peut-il ne pas imaginer que tout voyage peut être son dernier voyage, vers Dieu, quand l’invocation qu’il dit avant de démarrer rappelle : «… Certes, vers notre Seigneur nous retournons sans aucun doute» ? Comment un croyant peut-il être vulgaire au volant s’il démarre en prenant de nom de Dieu, prononçant les mots «bi-ism-illah» ?

Et si un accident arrive quand même, le premier réflexe du musulman est de témoigner qu’il appartient à Dieu, certes, et à Lui est son retour. Il regarde devant de manière positive même lorsqu’il est en difficulté, sa confiance en Dieu impliquant qu’il ne baisse pas les bras. S’il est vivant, il remercie l’Unique. Et il cherche à aider ceux qui sont affectés par l’accident, et non à justifier automatiquement son innocence. Il est toujours une miséricorde, rahmah, pour ceux qui l’entourent.

Où est ma conscience ?

Au cas il est responsable de la mort de quelqu’un accidentellement, apprenons et rappelons ce que dit l’islam à ce propos. Il y a une nécessaire compensation à la famille de la victime, et aux blessés lorsqu’il y en a. Cette somme dépend du contexte et provient de l’entourage du coupable. Cela s’applique même si les victimes ne sont pas musulmanes. De nos jours, il incombe au coupable de jeûner deux mois de suite comme pour témoigner devant Dieu son repentir pour la gravité du fait de tuer quelqu’un, même par accident.

Nos consciences, malheureusement, sont presque mortes aujourd’hui. Un accident de la route, même fatal, devient une banalité. On passe son chemin, même celui qui tue quelqu’un ne semble avoir aucun remords car, selon lui, c’est sans aucune intention. Cela n’est pas l’islam. La Sharia, terme que certains ne veulent pas comprendre, est seulement la justice, la compassion, la bonté et la sagesse.

Le destin, nul ne le sait sauf Dieu. Le passé, nous pensons le connaître. Notre responsabilité est d’en tirer les enseignements pour construire un meilleur avenir pour tous. Les autorités ont le devoir d’agir, il faut les interpeller et les placer devant leurs responsabilités. Espérons qu’in sha Allah le Metro Express offre une alternative de transport plus sûre à population. Mais chacun doit être conscient de ce qu’il doit faire pour réduire les accidents.

Quant à celles et ceux qui sont partis, comme Nadeem et tant d’autres, c’était le destin. Nous ne le savions pas mais maintenant, nous le savons en regardant le passé. Nadeem, comme les autres que nous avons tant aimés, était un cadeau, une faveur et surtout un signe de Dieu. La mort n’est pas la fin. Si nous pouvons espérer qu’il soit parmi ceux que Dieu a choisis pour Lui-même, qu’en est-il de nous ? Qu’en est-il de moi-même ?

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