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Paul Bérenger est d’accord avec Xavier Duval. «Le leader de l’opposition a raison : pour arriver à un consensus, il y a une manière de faire.» Que le gouvernement n’a pas respecté en présentant ce projet de loi sur le financement politique au Parlement, soutient le chef des mauves. Celui-ci rejoint le leader du PMSD qui suggère la mise sur pied d’un «select committee» pour revoir les dispositions du texte de loi. «Si le gouvernement veut montrer son sérieux.» Que les travaux prennent quelques semaines ou quelques mois.

Car à bien y regarder, juge le leader du MMM, en présentant le «Political Financing Bill» sous sa forme actuelle, «l’intention était de ne pas réunir les trois quarts» des votes nécessaires pour l’amendement constitutionnel qui accompagne le projet de loi. Tout comme «le gouvernement voulait que la réforme électorale échoue» en proposant un «galimatias» qu’«il savait ne serait pas accepté». L’alliance MSM-ML a, cette fois-ci, fait l’impasse sur le dialogue avec les partis d’opposition mais surtout introduit des changements majeurs comparativement au «white paper or orange paper» circulé en novembre 2018, a fustigé Bérenger.

Le chef du parti du cœur dénonce ainsi la «tenaille démocratique» que sont l’obligation faite de divulguer les noms des donateurs et l’absence de financement de l’Etat dans le mécanisme proposé. La première condition vise à «faire peur», s’est exclamé à plusieurs reprises le leader historique du MMM.

«Tentative dangereuse de mainmise»

Divulguer ainsi au public les noms des individus et des compagnies les effarouchera, s’insurge Bérenger. Alors que le «white paper» stipulait que les comptes audités, qui seront rendus publics, n’incluraient pas les noms des contributeurs, le registre que prévoit le projet de loi divulgue leurs noms et adresses. C’est là une «tentative dangereuse de mainmise sur le fonctionnement des partis», a souligné le leader du MMM.

Il faudrait une autre provision, en prévoyant par exemple le recours à un juge, en cas d’éléments «prima facie» établissant que des dons sont, en fait, de l’«argent sale». Car ce qui est proposé est «unworkable», insiste Bérenger. Le trésorier ne peut être le seul habilité à récolter les contributions. Il est tout aussi difficile de garder le compte des pièces justificatives de toutes les dépenses effectuées à travers le pays. Tout aussi absurde, dénonce Bérenger, est le fait que les «regional headquarters» ne soient autorisés qu’en période électorale.

Le chef des mauves a aussi plaidé en faveur de la publication des commentaires de l’Electoral Commissioner et de l’Electoral Supervisory Commission. «Je ne pense pas que le projet de loi, dans sa forme actuelle, a reçu [leur] feu vert.»

Le MMM votera contre le «Political Financing Bill».

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