Les négociations avec Londres ne peuvent se poursuivre que si elles portent sur la souveraineté de Maurice sur les Chagos. Sir Anerood Jugnauth a insisté sur ce point lors de sa rencontre avec Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères britannique, ce 22 septembre à New York.

Si la rencontre a été cordiale, avec un Boris Johnson « jovial et plein d’humour » selon le Premier ministre, ce dernier a toutefois insisté sur le fait que l’indépendance de Maurice est incomplète sans l’archipel des Chagos. Et sur le retour des Chagossiens sur leur terre natale.

Leur présence sur les îles autres que Diego Garcia, affirme-t-il, ne peut poser des questions de sécurité. D’autant que le gouvernement britannique a lui-même initié un sondage sur un repeuplement éventuel.

Olivier Bancoult, présent lors de cet entretien, insiste pour sa part que « la cohabitation est possible » sur l’île de Diego Garcia, où est installée la base militaire US. Le leader du Groupe Réfugiés Chagos souligne que des Philippins, des Sri Lankais, des Singapouriens et des Britanniques y vivent déjà. Et ne voit ainsi « aucun problème » à ce que les Chagossiens puissent en faire de même, voire y travailler.

Bancoult se rallier à SAJ pour dire que cela a été une « rencontre réussie ». D’autant que la communauté chagossienne, par sa voix, a pu faire entendre la sienne. Il lance cependant au passage une pique à Theresa May.

Le chef du gouvernement britannique a, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 20 septembre, a souligné que les nations doivent pouvoir coopérer notamment pour contrer les abus aux droits humains constatés à travers le monde. Or, fait remarquer le leader du Groupe Réfugiés Chagos, les Britanniques devraient « commencer par balayer devant leur porte ». (suite de l’article apres la vidéo)

« Je leur ai accordé un délai jusqu’à juin », a déclaré SAJ dans un entretien accordé à la Mauritius Broadcasting Corporation à l’issue de son entrevue avec Boris Johnson. Cela avant que Maurice ne remette sur le tapis sa résolution aux Nations unies pour un avis de la Cour internationale de justice sur les Chagos.

Le Premier ministre dit espérer qu’une solution puisse être trouvée « amicalement » d’ici là. Les Britanniques, dit le Premier ministre, semblent en tout cas y être disposés. Boris Johnson déclarant même, soutient SAJ, que : « ‘We will make it work.’ »

SAJ entend rester ferme sur ce dossier. Si les négociations tournent en rond ou n’aboutissent pas, fait-il comprendre, Maurice ne compte pas perdre son temps.

Le Premier ministre s’adressera, ce soir, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.