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Trois mois après Maurice, la Suisse a procédé au gel des comptes en banque de Jean-Claude Bastos de Morais. Une somme de 210 millions de dollars a été bloquée, ont annoncé les autorités helvètes jeudi. Cet exercice s’inscrit dans une tentative de Luanda de récupérer le demi-milliard de dollars que l’homme d’affaires, cité dans les Paradise Papers, est accusé d’avoir siphonné au fonds souverain angolais, le Fundo Soberano de Angola (FSDEA), sur une période de cinq ans.

Né d’un père angolais et d’une mère suisse, Jean-Claude Bastos de Morais a été désigné à gérer l’argent du FSDEA par son ami et partenaire en affaire José Filomeno dos Santos. Celui-ci avait été placé à la tête de cet organisme par son père, l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos. En début d’année, il a été démis de ses fonctions après que la National Crime Agency (NCA) de la Grande-Bretagne ait signalé un transfert suspect de la Banque centrale angolaise vers le compte en banque d’une des sociétés du fils de l’ex-président à Londres.

C’est à partir de là que Luanda a dépêché un émissaire auprès du Premier ministre Pravind Jugnauth afin que la Financial Intelligence Unit (FIU) prenne les devants pour bloquer les fonds de Jean-Claude Bastos de Morais dans l’île. Notamment à travers son groupe, Quantum Global, qui est censé réinvestir l’argent du FSDEA. L’homme d’affaires s’est défendu de toute maldonne et a saisi la Cour suprême mauricienne pour avoir des détails au sujet de la demande des autorités angolaises pour le gel de 91 de ses comptes dans l’île.

L’Attorney General de l’Angola, Hélder Fernando Pitta Gróz a indiqué au quotidien suisse Tages-Anzeiger qu’il espère obtenir « suffisament d’éléments à charge » contre l’homme d’affaires d’ici un mois afin de le traduire en justice. Plus particulièrement sur l’argent qu’il a injecté dans ses propres sociétés pour des projets en Angola. Jean-Claude Bastos de Morais est « bloqué » en Angola, étant interdit de quitter le territoire. Hélder Fernando Pitta Gróz eu des sessions de travail avec les autorités suisses jeudi pour avoir les détails de ses « cash flows ».

Les documents révélés à travers les Paradise Papers par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) ont démontré que 41 millions de dollars ont transité sur le compte d’une banque aujourd’hui fermée. Hélder Fernando Pitta Gróz indique que d’autres enquêtes, pour corruption et détournement de fonds, pourraient être instituées contre Jean-Claude Bastos de Morais et José Filomeno dos Santos. « La priorité des priorités est celle basée sur le blanchiment, » lance l’Attorney General de l’Angola qui explique que l’argent pompé au FSDEA aurait pu servir à améliorer les services éducatifs et de santé de son pays.

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