
La fin du deuxième trimestre scolaire marque le début des vacances pour des milliers d’élèves. Mais pour de nombreux parents, cette période rime surtout avec dépenses supplémentaires. Entre la garde des enfants, les repas à préparer à la maison et quelques sorties pour leur faire plaisir, le budget familial est mis à rude épreuve dans un contexte où la vie coûte toujours plus cher.
Pour M.A.B., 36 ans, mère de trois enfants âgés de 5, 9 et 11 ans, les vacances scolaires représentent un véritable casse-tête. Employée dans un supermarché, elle partage les charges du foyer avec son époux, poseur de carrelage.
La première difficulté est de trouver une solution pour faire garder les enfants pendant les heures de travail. « Garderie pas affordable… dan mo situation… mo ena trois zenfan », explique-t-elle. Face au coût des garderies privées, elle n’a d’autre choix que de prendre ses congés annuels afin de rester à la maison avec ses enfants.
Mais ce n’est pas la seule dépense qui augmente pendant cette période.
Les enfants étant à la maison toute la journée, les courses coûtent davantage. Entre les biscuits, les gâteaux, les boissons et les petits plaisirs du quotidien, les dépenses s’accumulent rapidement. « Ollier to don pocket money… to bizin fini aste enn ti gato, ti biscuit pou garder. »
Avec la hausse des prix, certains produits sont devenus difficiles à acheter régulièrement. « Gato trop cher… enn Pringles inn arriv Rs 127 kot moi… biscuit gaufrette inn vinn Rs 35 dan laboutik… », déplore la mère de famille.
Les sorties, elles aussi, sont devenues un luxe. Une promenade ou un repas dans un fast-food reste possible, mais seulement de manière occasionnelle. « Enn kout nou sorti zis nou cinq… arrive Rs 1 500 à Rs 2 000. » Une somme importante pour un ménage qui doit déjà faire face aux dépenses du quotidien.
À la question de savoir si le couple peut financer régulièrement des activités pendant tout le mois de vacances, M.A.B. répond sans hésiter : « Pas possible… si ti gagne plis kass ek to kone to kapav assumer, to pa pou kass latet… mais zordi sak roupee conter. »
Son témoignage illustre la réalité de nombreuses familles mauriciennes. Pour elles, les vacances scolaires ne sont pas seulement une période de repos pour les enfants : elles constituent aussi un défi financier supplémentaire, dans un contexte où chaque dépense doit être soigneusement calculée.