Le parquet de Paris a confirmé la mise en examen et le placement en détention provisoire d’un citoyen né en Biélorussie, interpellé au début du mois de juin à Labège, près de Toulouse. Cet homme de 48 ans, résidant habituellement en Espagne, a été surpris par les forces de l’ordre alors qu’il filmait clandestinement un prototype de drone militaire au sein de l’usine du constructeur français Delair. Les premières investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure ont révélé que les séquences vidéo capturées avaient déjà été transmises à un intermédiaire localisé en Russie. Face à la gravité de ces actes, une information judiciaire a été ouverte pour plusieurs chefs d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, un crime faisant encourir jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle.

L’incursion de cet agent présumé s’inscrit dans un contexte de tensions accrues et de harcèlement physique contre les infrastructures de l’entreprise aéronautique, l’usine toulousaine ayant été la cible de jets de cocktails Molotov quarante-huit heures seulement avant cette arrestation. Fondée il y a quinze ans, la société Delair s’est imposée comme un acteur stratégique de premier plan en fournissant des équipements de surveillance et des drones de reconnaissance aux armées française et ukrainienne. Malgré ces événements et la procédure judiciaire en cours, la direction du constructeur a affirmé que l’activité de production n’avait subi aucun impact opérationnel, tout en précisant que des mesures de sécurité renforcées avaient été immédiatement déployées pour protéger le personnel et la propriété intellectuelle du site.

Cette tentative d’espionnage économique s’ajoute à une série de dossiers d’ingérence étrangère récemment neutralisés par les services de renseignement sur le territoire national. Les autorités judiciaires ont notamment rappelé le démantèlement en Gironde d’une cellule d’espionnage au profit de Pékin équipée de paraboles géantes, ainsi que la découverte d’un boîtier de piratage russe à bord d’un ferry civil. Ces affaires successives illustrent la multiplication des opérations de déstabilisation et de captation de données sensibles visant les technologies de pointe françaises. Pour contrer cette menace systémique, le parquet de Paris centralise désormais les enquêtes de haute technicité afin de neutraliser les réseaux d’information agissant pour le compte de puissances rivales.

Source : France 24