Le gouvernement présente les nouvelles subventions alimentaires comme une mesure destinée à soulager le pouvoir d’achat des ménages. Depuis le 1er juillet, plusieurs produits de consommation courante, dont le thon en conserve, le corned-beef, le corned-mutton, les macaronis, les lentilles, les haricots rouges et certains aliments pour bébés, bénéficient d’une réduction de prix grâce au Price Stabilisation Fund (PSF).

Mais cette baisse est-elle réellement perceptible dans le budget des familles mauriciennes ? C’est la question qu’ION News a posée à ses lecteurs. À la lecture des centaines de réactions reçues, un constat s’impose : beaucoup estiment que les économies annoncées restent trop faibles pour faire une réelle différence.

Plusieurs internautes soulignent qu’un ménage ne vit pas uniquement de thon en conserve, de corned-beef ou de macaronis. Selon eux, si certains produits affichent effectivement une baisse, le reste du panier continue de peser lourd sur le budget familial.

D’autres estiment qu’il faudrait consommer principalement les produits subventionnés pour ressentir une véritable économie à la fin du mois. « Ou krwar mo pou viv zis avek makaroni, ton, corned-beef, grin sek ? », s’interroge notamment une internaute.

Parmi les réactions, un internaute a ironisé en affirmant que les seuls produits concernés par ses achats étaient « 4 boîtes de thon et 2 paquets de lentilles ». Même dans ce scénario, les économies resteraient relativement modestes. Un montant que plusieurs consommateurs jugent insuffisant pour alléger de manière significative le budget mensuel d’un ménage.

Rs 600 millions toujours disponibles
Le débat intervient alors que le Price Stabilisation Fund fait lui aussi l’objet de discussions. Pour l’exercice 2025-2026, une enveloppe de Rs 2 milliards avait été prévue pour financer les subventions sur les produits de première nécessité. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, environ Rs 1,4 milliard ont été utilisés, laissant près de Rs 600 millions encore disponibles sur cette enveloppe.

L’ancien Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, a critiqué cette situation, estimant que ces fonds auraient pu être mobilisés davantage afin d’atténuer plus rapidement la hausse du coût de la vie. Le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen, rejette cette lecture. Il fait valoir que les Rs 2 milliards représentent une enveloppe maximale et non une somme devant obligatoirement être dépensée. Il rappelle également que le fonds n’a pas fonctionné sur une année financière complète, mais sur environ dix mois, ce qui rend, selon lui, les comparaisons avec une année entière incomplètes.

Au-delà du débat politique, les associations de consommateurs estiment que la véritable question est ailleurs. Pour elles, l’efficacité du Price Stabilisation Fund ne se mesure pas uniquement aux milliards engagés, mais à l’impact concret sur le portefeuille des ménages.

Si les nouvelles subventions permettent effectivement de réduire le prix de certains produits de quelques roupies, de nombreux consommateurs interrogés estiment que ces économies demeurent insuffisantes pour compenser la hausse générale du coût de la vie.

Le gouvernement, de son côté, affirme que le Price Stabilisation Fund, doté d’une enveloppe globale de Rs 10 milliards, continuera d’être utilisé afin d’atténuer les fluctuations des prix des produits essentiels.