Alors que l’inflation pèse déjà sur le panier de la ménagère, une nouvelle mesure fiscale s’apprête à faire son entrée dans le quotidien des Mauriciens. À partir d’octobre 2026, la taxe d’accise de Rs 2, jusqu’ici réservée aux bouteilles de boissons gazeuses et d’eau (PET), sera étendue à une vaste gamme de produits en bouteilles plastiques. Si le gouvernement brandit l’étendard de l’écologie, cette mesure soulève déjà des questions sur son impact réel sur le coût de la vie.

Lors d’une séance parlementaire, le Premier ministre a justifié cette extension par l’urgence climatique et la pollution plastique qui asphyxie nos lagons et nos drains. Les chiffres cités font froid dans le dos : sur 72 600 tonnes de plastique générées annuellement à Maurice, seules 2 900 tonnes sont recyclées.

Cependant, cette « guerre au plastique » a un prix. Le gouvernement prévoit de récolter Rs 135 millions supplémentaires pour l’année financière 2026-27. Bien que 38 catégories de produits dits « essentiels » (lait, huile comestible, produits pharmaceutiques) soient exemptées pour limiter la casse, de nombreux produits de consommation courante verront leur prix grimper mécaniquement.

Le Premier ministre l’a affirmé : « Une action immédiate est nécessaire pour minimiser les dommages à la santé humaine et aux écosystèmes. » Mais pour de nombreux observateurs, cette taxe de Rs 2 risque de devenir un fardeau supplémentaire pour les classes moyennes, sans pour autant garantir une réduction drastique de la consommation de plastique si les alternatives ne sont pas rendues plus accessibles.

Entre urgence environnementale et réalité économique, Maurice navigue sur une ligne de crête. La question demeure : cette taxe sauvera-t-elle nos plages ou videra-t-elle simplement nos poches ?