
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a annoncé à l’Assemblée nationale, le mardi 2 juin, que la suppression de la redevance télévisuelle mensuelle de Rs 150 était reportée. Selon lui, bien que le gouvernement maintienne son engagement d’abolir cette contribution, la situation financière actuelle de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) ne permet pas, à ce stade, de se priver de cette source de revenus. Selon le chef du gouvernement, cette décision doit tenir compte de la capacité financière de la MBC à poursuivre sa mission de service public.
La société nationale de radiotélévision fait actuellement face à un déficit accumulé d’environ Rs 1,5 milliard, à une dette de Rs 165,5 millions ainsi qu’à des engagements liés aux pensions estimés à Rs 1,8 milliard, a annoncé le Premier ministre. La redevance télévisuelle est perçue en vertu de la MBC Collection of Licence Fees Act de 1984 et est généralement collectée à travers les factures d’électricité des abonnés, sauf pour les personnes ne possédant pas de téléviseur ou bénéficiant d’une exemption prévue par la loi.
Selon les informations communiquées par le Premier ministre, 28 560 abonnés étaient exemptés du paiement de cette redevance à la fin du mois d’avril 2026, notamment les ménages dont la consommation annuelle d’électricité ne dépassait pas 396 kilowattheures (kWh). Navin Ramgoolam a également rappelé que le gouvernement, arrivé au pouvoir en novembre 2024, avait hérité d’une situation financière particulièrement difficile au sein de la MBC, ce qui a conduit au lancement, en décembre 2024, d’un plan de transformation et de redressement par la nouvelle direction et le conseil d’administration de l’organisme.
Selon le Premier ministre, ce programme vise notamment à moderniser les opérations de la MBC, améliorer ses performances financières, renforcer son audience et renouveler son offre de contenus. Dans le même temps, interrogé sur la libéralisation du paysage audiovisuel et l’introduction éventuelle de chaînes de télévision privées, Navin Ramgoolam a indiqué que le dossier était toujours à l’étude au sein du gouvernement, tout en réaffirmant que cet engagement serait respecté, sans toutefois préciser de calendrier pour sa mise en œuvre.

