Le 5 juin 2026, Statistics Mauritius a publié son rapport sur les statistiques de l’eau pour l’année 2025. Les données montrent que, malgré une baisse significative des précipitations, Maurice a réussi à maintenir sa production et sa distribution d’eau potable. Elles mettent toutefois en évidence une pression croissante sur les ressources hydriques du pays, dans un contexte de changement climatique et de déficit pluviométrique persistant. Les revenus générés par la distribution d’eau ont enregistré une légère progression de 0,5 %, passant de Rs 1,69 milliard à Rs 1,70 milliard en 2025. Cette hausse modeste s’explique par une augmentation marginale des volumes vendus, qui sont passés de 131,6 millions à 132,1 millions de mètres cubes (Mm³).

L’eau potable demeure largement dominante dans les ventes, représentant 114,7 Mm³, soit près de 87 % du volume total distribué. Les ménages restent les principaux consommateurs, avec 87,1 Mm³ facturés au tarif domestique, ce qui correspond à près des deux tiers de l’ensemble des ventes.

Pour satisfaire cette demande, les stations de traitement ont produit 332,6 Mm³ d’eau potable, un volume pratiquement inchangé par rapport aux 332,3 Mm³ enregistrés l’année précédente. Plus de la moitié de cette production, soit 56 %, provient des eaux de surface, tandis que les eaux souterraines issues des forages et nappes phréatiques représentent les 44 % restants.

Les précipitations ont fortement diminué en 2025, avec un volume total de 3 402 Mm³, contre 4 077 Mm³ en 2024, soit une baisse de 16,6 %. Les précipitations moyennes se sont établies à 1 824 millimètres, en recul de 16,6 % par rapport à l’année précédente et de 9,6 % par rapport à la moyenne historique de la période 1991-2020, fixée à 2 018 millimètres.

Comme chaque année, une grande partie de cette eau a rejoint les cours d’eau et les réservoirs. Environ 60 % des précipitations, soit 2 041 Mm³, ont alimenté le ruissellement de surface. Quelque 30 %, soit 1 021 Mm³, ont été perdus par évapotranspiration, tandis que seulement 10 %, soit 340 Mm³, ont contribué à la recharge des nappes phréatiques.

Le contraste entre les saisons a été particulièrement marqué. Mai s’est distingué comme le mois le plus pluvieux de l’année avec 286 mm de pluie, soit 93,2 % au-dessus de la normale. À l’opposé, octobre a enregistré seulement 35 mm de précipitations, accusant un déficit de 52,1 % par rapport à la moyenne historique.

Les niveaux de remplissage des principaux réservoirs du pays illustrent cette variabilité hydrique. Si plusieurs ouvrages ont atteint des niveaux proches ou égaux à leur pleine capacité durant certaines périodes de l’année, les niveaux minimums observés demeurent préoccupants.

Le réservoir de Mare aux Vacoas, principal réservoir du pays, est descendu à 38,5 % de sa capacité en mars avant de remonter à 99,9 % en août. La Ferme a enregistré le niveau minimum le plus faible parmi les grands réservoirs, avec seulement 23,7 % de remplissage en janvier.

Les barrages de Piton du Milieu, Midlands et Bagatelle ont atteint temporairement 100 % de leur capacité durant plusieurs mois, démontrant l’importance des épisodes pluvieux saisonniers. Toutefois, leurs niveaux minimums ont oscillé entre 35 % et 37 %, révélant une forte dépendance aux précipitations.

Avec des précipitations en recul et des épisodes météorologiques de plus en plus irréguliers, la gestion durable de l’eau s’impose comme un enjeu stratégique pour Maurice. La sécurisation des réserves, la réduction des pertes dans les réseaux de distribution et une utilisation plus efficiente de la ressource apparaissent désormais essentielles pour faire face aux défis climatiques à venir.