Les 24 et 25 juin, la Commission de l’océan Indien (COI) avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), a réuni à Maurice des artistes, décideur/euses et acteur/trices culturel/les autour d’un enjeu aussi sensible qu’urgent : les violences sexistes et sexuelles dans les industries culturelles et créatives (ICC). Venus de la région de Maurice à Madagascar, des Comores aux Seychelles, de La Réunion jusqu’au Mozambique, ces participants ont croisé leurs regards, partagé leurs expériences et engagé une réflexion commune pour repenser les ICC autour de la sécurité, de l’inclusion et de la justice.

 

Organisée dans le cadre du projet ICC porté par la COI, cette Rencontre-Action a donné lieu à deux jours intenses de réflexions, d’échanges et de création. À travers tables rondes, témoignages, performances, projections et partages d’outils, les participant/es ont mis en lumière l’ampleur de ces violences systémiques souvent invisibilisées, tout en formulant des pistes concrètes pour construire des environnements professionnels, plus sûrs et inclusifs.

 

« Oui, nous avons parlé de violences, d’inégalités, de discriminations, ces réalités qu’on préfère trop souvent taire. Mais nous avons aussi, et surtout, mis en lumière des solutions. Des outils, des initiatives, des alliances qui montrent qu’un autre modèle est possible. Ensemble, nous avons fait émerger des pistes fortes, des urgences partagées, des idées d’avenir. », indique Juliette Janin, chargée de mission éducation et formation, culture, santé, genre et entrepreneuriat à la COI.

 

Parmi les initiatives structurantes qui ont émergé de cette Rencontre-Action : création d’un réseau régional de femmes dans les ICC, développement d’outils pédagogiques, plateformes sécurisées de signalement et un plaidoyer commun en vue de politiques publiques plus justes.

 

« Parmi les résultats de cette rencontre, nous retenons de multiples appels aux subventions, le besoin d’actions de sensibilisation sur les violences basées sur le genre et le plaidoyer, ainsi que la question de la formation et de l’éducation, notamment des jeunes. Toute cette stimulation intellectuelle, c’est notre responsabilité d’en faire quelque chose de concret. C’est à nous, l’AFD et la COI, de faire notre part du travail », indique Matthieu Thenaisie, directeur adjoint, AFD Maurice-Seychelles.

 

Parmi les constats partagés, de nombreuses voix ont souligné la persistance de violences systémiques, l’isolement des victimes, la précarité des femmes artistes et le manque criant de représentativité dans les instances décisionnelles. Pourtant, de cette réalité difficile, émerge de une conviction commune : la culture a un rôle essentiel à jouer comme levier de transformation sociale. Elle permet de dénoncer, de sensibiliser, de rassembler et de faire évoluer les mentalités.

 

Pour assumer pleinement ce rôle, les ICC doivent être mieux structurées, financées et pensées comme des espaces d’émancipation, d’éducation et de justice.