L’enquête commence à porter ses fruits. Les autorités suisses ont donné leur troisième conférence de presse, vendredi 2 janvier, au lendemain de l’incendie dans un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et une centaine de blessés.

 

Les autorités du canton du Valais ont notamment indiqué que le bilan du drame était désormais fixé à 40 morts. Un bilan plus vague d’une quarantaine de personnes décédées avait été annoncé, un peu plus tôt.

 

L’incendie s’est déclaré vers 1 h 30 (0 h 30 GMT) jeudi dans le bar Le Constellation, fréquenté par des touristes, parmi lesquels de nombreux jeunes venus célébrer la nouvelle année.

 

La piste des « bougies incandescentes »

« La majorité des victimes a été retrouvée dans le bar », a annoncé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler. Il a ajouté que 113 des 119 blessés avaient pu être « formellement » identifiés. « Pour six autres, les démarches d’identification formelle et définitive sont toujours en cours. »

 

Selon lui, parmi les personnes identifiées figurent 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais. Pour 14 autres blessés – dont les six pas encore identifiés –, la nationalité n’a pas encore été établie. Quant aux 40 personnes décédées, les autorités n’ont donné aucune information sur les nationalités.

 

Toutefois, selon la police cantonale, des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays, dont la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie ou la Turquie. Un Israélien, possédant une double nationalité, serait porté disparu, selon un responsable du ministère des Affaires étrangères israélien.

 

Au vu des premiers éléments de l’enquête, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mises sur les bouteilles de champagne », a annoncé la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud. « Et tout a été approché de trop près du plafond. »

 

« C’est une hypothèse qui est privilégiée et qui tend à se confirmer », a-t-elle ajouté. Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins.

 

Aucune responsabilité établie à ce stade

La procureure a aussi précisé que des auditions, dont celle des « deux gérants français et des personnes rescapées », avaient notamment permis « d’expliquer la configuration intérieure des lieux, les travaux réalisés et la capacité d’accueil ». Elles ont aussi aidé à constituer une liste des personnes présentes ce soir-là dans l’établissement.

 

Selon la procureure, les deux propriétaires du bar, un couple de Français, ont été entendus « à titre de personnes appelées à donner des renseignements » et aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade.

 

Brièvement interrogé vendredi par les médias suisses 20Minutes.ch et La Tribune de Genève, le propriétaire Jacques Moretti a dit que le couple ferait « tout (son) possible pour aider à clarifier les causes » du drame. « Nous ne pouvons ni dormir ni manger, nous allons tous très mal », a encore confié l’entrepreneur.

 

Source : France 24