
Les experts non élus qui ont participé au dossier « SAP et means test », comme l’a révélé le ministre Ashok Subron en début de semaine, sont désormais connus de tous. La commission est présidée par l’actuaire Nureshkumar Prayag. Nommé président de SICOM General Insurance en mai 2025, il détient également une participation dans Quantum Insurance et siège, depuis mai 2026, au conseil d’administration de SBM Holdings.
La commission réunit également Bernard Yen, d’Actuarix Ltd et ancien d’AON Hewitt ; Yvan Legris, président non exécutif de Medine Ltd et d’Actuarix Consulting Ltd, ainsi que directeur du groupe MCB ; Sattar Jackaria, CEO d’Eagle Insurance ; l’économiste Azad Jeetun ; Verena Tandrayen-Ragoobur, doyenne de la Faculté des sciences sociales et humaines de l’Université de Maurice ; ainsi que Li Fa (Aimé) Cheung Kai Suet.
Le profil de Sattar Jackaria retient également l’attention. CEO d’Eagle Insurance Ltd, une filiale majoritairement détenue par le groupe IBL, il s’était publiquement opposé, le 30 juin 2020, à une hausse de la pension de vieillesse, évoquant alors les risques que celle-ci ferait peser sur les finances publiques et le déficit budgétaire.
Cette prise de position avait suscité des interrogations. Certains observateurs estimaient qu’un relèvement substantiel de la pension universelle pourrait réduire l’attrait des produits d’épargne-retraite et des fonds de pension privés commercialisés par les compagnies d’assurance. Ses détracteurs y voyaient ainsi un possible chevauchement entre les intérêts du secteur de l’assurance et le débat sur la politique de retraite de l’État.
La PNQ de ce jeudi a été marquée par de nombreuses réponses musclées et plusieurs échanges tendus, avec des piques adressées aussi bien à Joanna Bérenger qu’à Adrien Duval. Joe Lesjongard a également été pris pour cible. Navin Ramgoolam a notamment évoqué Prakash Maunthrooa, ancien directeur général de la CWA, en référence à des personnes qu’il estime être non qualifiées.
Joe Lesjongard a voulu savoir si une évaluation des éventuels conflits d’intérêts avait été effectuée avant la nomination de ces experts. À cette question, Navin Ramgoolam, visiblement agacé, a répondu : « This is a small country, very few people. Now you want experts from the UK? We chose Mauritians. Everybody has a conflict of interest in the country ». C’est en ces termes que le Premier ministre a justifié le choix des membres de la commission.
Toutefois, une question demeure : à qui a été confiée cette mission qui, depuis vendredi dernier, a profondément inquiété les personnes âgées ?

