
La réforme de la pension demeure au centre d’une tourmente politique, comme on a pu le constater le mercredi 15 juillet au Sun Trust Building. Le leader de l’opposition et président du Mouvement socialiste militant (MSM), Joe Lesjongard, a commencé par dresser un bilan très sombre de l’état du pays. « Tou zafer inn vir anba lao… pei lamem anba lao », a-t-il lancé.
Le président du MSM accuse le gouvernement d’avoir trahi la confiance des Mauriciens en modifiant un acquis social : la pension universelle à 60 ans. Joe Lesjongard a notamment fustigé le non-respect des engagements pris par le Premier ministre durant la campagne électorale. « Li ti tap lestoma li ti dir Rs 21 500… », a-t-il affirmé. Dans la foulée, le leader de l’opposition a promis que « nou pou retourn a lansyen sistem ki ti ena… La popilasion ti satisfe de sa… »
Joe Lesjongard a nommément ciblé le Junior Minister des Finances, Dhaneshwar Damry, propulsé à la tête des consultations pré-budgétaires en déclarant : « Minis Damry… premye fwa linn eli… me ki lexperians li ena pou enn zafer osi inportan ki sa ? » Évoquant la détérioration rapide de la qualité de vie à Maurice d’une année sur l’autre, il a filé la métaphore suivante : « Lane dernyer lepep sap dan karay… ek zordi lepep finn tom dan dife. »
Le leader de l’opposition est également revenu sur la marche pacifique organisée à Port-Louis par la Platform Komun Sindikal. « Lepep finn montre samdi dernye ki li toultan dibout pou defann so drwa… », a-t-il dit. Avertissant que le gouvernement portera l’entière responsabilité de la colère sociale et d’une potentielle grève générale, Joe Lesjongard a prêté, avec une pointe d’humour, des propos à certains membres de la majorité après la présentation du budget 2026-2027 : « Enn group minis dir PM… nou pou bizin met zile sinon pou gayn kout ros ar lepep avek sa bidze la. »
Joe Lesjongard a plaidé pour une meilleure répartition de l’effort national. Selon lui, les sacrifices ne doivent pas peser uniquement sur les citoyens, mais d’abord sur les grandes structures économiques et les entreprises générant d’importants profits. Il regrette, a-t-il précisé, la suppression de la Fair Share Contribution, un outil fiscal qui aurait pourtant permis, à ses yeux, de mieux équilibrer la contribution financière de chacun.