Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Port-Louis, hier samedi 11 juillet, à l’appel de la Platform Komin Syndikal, pour dénoncer la réforme de la pension de vieillesse. Syndicats, citoyens et responsables de l’opposition ont affiché un front commun contre le gouvernement, réclamant le retrait de mesures qu’ils estiment injustes envers les futurs retraités.
Porté par le slogan devenu le cri de ralliement de la journée — « Pa tous nou pension ! » —, le rassemblement traduit la crainte de voir remis en cause un droit perçu comme acquis. Les organisateurs dénoncent une réforme qui, selon eux, fragilise le caractère universel de la pension et pénalise les Mauriciens au moment de leur départ à la retraite.
Ashok Subron, l’ex-syndicaliste sous le feu des critiques
Les attaques ont visé nommément le Premier ministre Navin Ramgoolam ainsi que le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron. La position de ce dernier donne au bras de fer une résonance particulière : longtemps l’une des grandes figures du syndicalisme mauricien, Ashok Subron se retrouve aujourd’hui du côté du gouvernement, chargé de défendre une réforme des pensions que le mouvement syndical combat désormais dans la rue.
Le MSM, dirigé par Pravind Jugnauth, le PMSD ainsi que le Reform Party de Roshi Bhadain y étaient représentés, aux côtés de plusieurs anciens ministres et députés du précédent gouvernement, venus soutenir les revendications des manifestants. Les syndicats ont prévenu que la mobilisation ne s’arrêterait pas là. Ils annoncent déjà de nouvelles actions et promettent de maintenir la pression jusqu’au retrait des mesures contestées. Face à eux, l’exécutif défend une réforme qu’il juge indispensable pour garantir la viabilité du système de pension, dans un contexte de vieillissement de la population et de contraintes budgétaires.
Première grande démonstration de force depuis l’annonce de la réforme, ce rassemblement installe le dossier des pensions parmi les sujets les plus sensibles et les plus clivants de la scène politique mauricienne. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir de cette réforme.