Le Parlement, la semaine dernière, a levé le voile sur une polémique autour d’un contrat public attribué à Actuarix Consulting pour des services de conseil en investissement aux fonds de pension nationaux. Le marché, d’un montant de Rs 3,84 millions hors TVA pour une première année, figure dans un avis officiel publié par le ministère des Finances le 6 mai 2026. Or, le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, semble ignorer ce détail.

L’opposition, notamment Joe Lesjongard, a pointé un possible conflit d’intérêts. Deux associés d’Actuarix, Yvan Legris et Bernard Yen, siègent aussi à la commission d’experts chargée de proposer une réforme de la pension. Interrogé à l’Assemblée nationale, la semaine dernière, Navin Ramgoolam a déclaré ne pas être au courant qu’un membre de la commission était lié à ce contrat, ce qui a suscité des questions sur le suivi des marchés publics.

« Not aware. What consultancy services are you referring to? », a demandé Navin Ramgoolam. Ce à quoi Joe Lesjongard a précisé qu’il s’agissait d’un contrat de consultant pour les services de conseil en investissement au National Pensions Fund (NPF) et au National Savings Fund (NSF) Investment Committee. Le Premier ministre a maintenu sa position : « I’m not aware that he’s been given a particular task to advise on this. He’s advising generally ».

Pourtant, un avis officiel d’attribution de marché publié par le ministère des Finances le 6 mai 2026 indique clairement que le contrat relatif à la sélection d’un consultant pour les services de conseil en investissement du National Pensions Fund et du National Savings Fund Investment Committee a été attribué à Actuarix Consulting Ltd, pour un montant de Rs 3,84 millions hors TVA, sur une période initiale d’un an, renouvelable jusqu’à deux ans.

Dans un communiqué du 10 juillet dernier, Actuarix a rejeté toute faute. Le cabinet affirme que l’appel d’offres a été lancé en janvier 2026 par le ministère des Finances et attribué le 28 avril après un appel d’offres international via le système d’e-procurement. Actuarix précise que les deux experts n’interviennent pas dans la gestion quotidienne du mandat et qu’une équipe dédiée, soumise à des règles déontologiques strictes, exécute le contrat.

Mais cela n’a pas apaisé les syndicats. Lors de la manifestation pacifique de samedi dernier, les chefs syndicaux ont scandé qu’il s’agissait de conflit d’intérêt dans ce cas précis. Ils estiment que les deux experts de la commission chargés de la réforme de la pension, sont liés à cette société et personne ne peut savoir s’il y a des « internal communications » qui passent.

Le gouvernement maintient sa confiance dans la commission d’experts et écarte toute révocation de ses membres. Mais plusieurs points restent à clarifier : la date exacte d’attribution du contrat dans les registres d’e-procurement, l’efficacité du cloisonnement entre les associés et l’équipe mandatée et surtout la perception publique d’une possible proximité entre les conseillers et les fonds concernés.

Selon les chefs syndicaux et Rajen Valayden, la commission des experts devait a priori faire une conférence de presse cette semaine pour expliquer à la population la nouvelle réforme de la pension