Bien qu’ils ne comptent pas céder à la provocation de la majorité et ne pas s’embarquer dans une confrontation hystérique avec le speaker de l’Assemblée nationale, Sooroojdev Phokeer, les parlementaires de l’opposition veillent au grain. L’idée d’alerter les instances internationales pour dénoncer l’attitude du speaker a émergé dans une correspondance adressée par le leader de l’opposition Arvin Boolell au speaker la semaine dernière. Il a également fait savoir qu’il pourrait aussi avoir recours aux instances judiciaires. « Il y a beaucoup d’instances internationales que nous pouvons alerter telles que le parlement panafricain ou encore les plateformes du Commonwealth », nous a déclaré le leader de l’opposition, Arvin Boolell. « Si le speaker veut interpréter les ‘standing orders’ à sa manière on ne peut pas le laisser faire », dit-il. A quand une action en ce sens ? « Nous allons laisser le temps au temps. Nous attendons qu’il retourne à de meilleurs sentiments mais si ce n’est pas le cas nous passerons à l’action », menace-t-il. Ce dernier ne manque d’ailleurs pas de rappeler qu’il a déjà intenté une action en cour contre le speaker après qu’il a été interdit d’utiliser son bureau pour la tenue d’une conférence de presse.
Même son de cloche du député de la circonscription No 15 (La Caverne/Phoenix), Patrick Assirvaden, qui souligne que les agissements du speaker sont, selon lui, dictés par nul autre que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lui même. Il soutient aussi que le speaker n’a jamais donné un ‘ruling’ en faveur de l’opposition contrairement au Deputy Speaker qui selon lui sait faire preuve de fair-play. « Nous allons compiler des éléments et si besoin est nous allons les transmettre aux instances internationales », ajoute-t-il.
Le député du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), Khushal Lobine, considère pour sa part que les diplomates et autres personnes à la tête des instances internationales ont aujourd’hui la chance de suivre les débats du Parlement et que l’image projetée ne fait pas honneur au pays.
Du côté du gouvernement, ils font valoir que le speaker ne fait qu’appliquer les ‘standing orders’ et que plusieurs membres de l’opposition veulent souvent pousser le speaker à bout. « Prenez par exemple la manière dont le député Juman s’est adressé la semaine dernière au speaker. Ce n’est pas acceptable », soutient une source proche de l’hôtel du gouvernement.


