À partir de juillet 2027, les travailleurs indépendants mauriciens verront leurs cotisations obligatoires doubler du jour au lendemain. Pour beaucoup, ce n’est pas une question de retraite future, c’est une question de survie aujourd’hui.

Ce qui change concrètement

Aujourd’hui, un travailleur indépendant cotise à la CSG à hauteur de 4,5 % de son revenu (pour les revenus jusqu’à Rs 50 000). À partir du 1er juillet 2027, avec le nouveau National Pension and Provident Fund (NPPF), ce taux passe à 9 % — soit le double. Pourquoi ? Parce que le travailleur indépendant est à la fois employé et employeur. Il doit donc couvrir les deux parts de la cotisation : la part salariale (1,5 %) et la part patronale (7,5 %). Résultat : il paie seul ce que, dans une entreprise classique, l’employeur et l’employé se partagent.

Priya tient un petit salon de coiffure à Quatre-Bornes. Elle emploie deux personnes et gagne environ Rs 45 000 par mois net. Aujourd’hui, elle cotise Rs 2 025 par mois à la CSG. Avec le NPPF, elle devra débourser Rs 4 050, soit Rs 2 025 de plus chaque mois et Rs 24 300 de plus par an.

« Mo konpran ki mo bizin ramas kas pou mo retret. Me Rs 2 000 en plis par mwa, pou enn ti biznes kouma pou mwa, sa kapav fer diferans ant pey mo fourniser ou non. Mo pa kont kotize, me mo pa kapav kotiz otan alor ki mo cash flow deza sere », explique-t-elle. Priya n’est pas un cas isolé. Des milliers de coiffeurs, plombiers, chauffeurs de taxi, consultants indépendants, artisans et petits commerçants se trouvent dans la même situation.

Le gouvernement présente le NPPF comme un progrès : vos cotisations iront dans un compte personnel à votre nom et vous accumulerez un vrai capital-retraite. C’est vrai, mais une question se pose : Est-ce que la retraite future vaut le risque d’aujourd’hui ? Pour un travailleur indépendant dont l’entreprise tourne à flux tendu, ce n’est pas une équation simple. C’est un pari.

Plusieurs économistes et représentants syndicaux ont alerté le gouvernement sur l’impact de cette mesure sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. La question reste posée : le gouvernement accordera-t-il un régime transitoire ou un taux réduit pour les indépendants à faibles revenus ? Aucune réponse officielle à ce jour.