La députée du Parti travailliste, Anabelle Savabaddy, a appelé à l’ouverture d’un vaste processus de consultation sur la réforme des pensions lors de son intervention aux débats budgétaires à l’Assemblée nationale, hier lundi 22 juin 2026.

Évoquant les nombreuses interrogations suscitées par les annonces gouvernementales, elle a estimé que le manque de clarté entourant certaines mesures alimente l’inquiétude au sein de la population.

« Depuis vendredi, beaucoup s’interrogent sur les pensions. Le flou, la communication approximative et les informations contradictoires créent de l’inquiétude et fragilisent la cohésion sociale. Nos aînés, qui ont construit le pays, méritent sécurité, dignité et tranquillité », a-t-elle déclaré.

La députée a également souligné l’importance d’un débat inclusif autour de cette question, estimant que les décisions ne peuvent reposer uniquement sur des considérations techniques.

« Les experts éclairent, mais ne doivent pas remplacer la délibération démocratique ni étouffer la voix des retraités, des élus locaux, des syndicats, des associations et des professionnels », a-t-elle affirmé.

Dans cette optique, Anabelle Savabaddy a demandé au Premier ministre d’engager un processus de consultation transparent impliquant le Parlement, les représentants des retraités ainsi que les différents acteurs concernés.

Elle a toutefois salué la décision du chef du gouvernement de geler le « Means Testing », l’un des piliers de la réforme des pensions, le remerciant « d’avoir écouté la voix du peuple ».

Abordant les autres mesures du Budget 2026-2027, la députée a également exprimé son soutien à l’extension du congé maternité à un an, qu’elle a qualifiée de mesure « ambitieuse et humaniste sur le plan social ».

Elle a néanmoins insisté sur la nécessité d’accompagner cette réforme de garanties pour les salariées.

« Il faut introduire des protections légales contre le licenciement discriminatoire, des incitations pour les employeurs qui soutiennent leurs employés et des mécanismes de réintégration », a-t-elle souligné.

Anabelle Savabaddy s’est aussi démarquée sur la question de la Public Gatherings Act. Elle a demandé au gouvernement de renoncer aux amendements prévus dans le Budget visant à renforcer les sanctions en cas de non-respect des conditions imposées par la police lors des rassemblements publics.

« Nous avons toujours prôné la liberté d’expression. Aujourd’hui encore, après une décennie d’oppression et de dictature, nous ne pouvons pas accepter cela. Il n’y en a aucune nécessité et je demande de le faire enlever du Budget », a-t-elle déclaré.

Pour rappel, le gouvernement prévoit de modifier la Public Gatherings Act afin de renforcer les sanctions applicables aux rassemblements jugés illégaux. L’amende maximale passerait de Rs 25 000 à Rs 100 000, tandis que la peine maximale d’emprisonnement serait portée de quatre à cinq ans.