Les déclarations du Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur McDonald’s et KFC continuent de faire réagir. En effet, à l’occasion de la Journée de la culture rodriguaise, organisée le dimanche 12 juillet, au Centre Nelson Mandela à La Tour Koenig, le chef du gouvernement a salué la décision des autorités rodriguaises d’avoir empêché l’implantation de ces deux enseignes de restauration rapide sur l’île. « Mo anvi felisit mo kamarad Grandcourt kinn linn gayn kouraz anpes Kentucky ek McDonald’s ouver dan Rodrig », a déclaré Navin Ramgoolam devant l’assistance.

Le Premier ministre a poursuivi en affirmant que « McDonald’s ek Kentucky pe fer nou boukou ditor », sans toutefois préciser les raisons qui, selon lui, justifient cette affirmation. Les déclarations du Premier ministre soulèvent ainsi plusieurs interrogations : s’agit-il avant tout d’une volonté de préserver l’identité culturelle et gastronomique de Rodrigues ? D’une préoccupation liée à la santé publique ? Ou encore d’un modèle de développement privilégiant les entreprises locales plutôt que les grandes enseignes internationales ?

Un contraste avec un événement récent
Les propos du Premier ministre interviennent quelques mois seulement après sa participation, le 27 février dernier, à l’inauguration d’une nouvelle ligne de production ultramoderne de Phoenix Beverages Ltd, représentant un investissement de Rs 700 millions réalisé en partenariat avec The Coca-Cola Company. Lors de cette cérémonie, le chef du gouvernement avait salué cet investissement, mettant en avant son importance pour le développement industriel du pays, l’innovation et la création de valeur pour l’économie mauricienne.

Le discours du 12 juillet soulève des interrogations sur la manière dont le gouvernement entend concilier son soutien aux investissements de grandes entreprises internationales avec un discours critique à l’égard de certaines de leurs marques ou de leurs produits. ION News a sollicité une réaction officielle auprès de McDonald’s et de KFC à la suite des déclarations du Premier ministre. Or, au moment de la publication de cet article, aucune des deux enseignes n’avait répondu à notre demande de commentaire.