
Le décès du détenu Andy Selmour à la prison de Melrose, le 9 décembre 2025, révèle de profondes défaillances au sein du système pénitentiaire mauricien. C’est le constat dressé par le Board of Inquiry présidé par l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, dont les conclusions ont été examinées par le Conseil des ministres ce vendredi 27 Juin.
Remis le 1er juin 2026, le rapport fait état d’un ensemble de dysfonctionnements qui fragilisent le fonctionnement de la prison de Melrose. Le Board évoque notamment une pénurie chronique de personnel, une démotivation des agents, des cas d’indiscipline, un trafic de drogue, des allégations de corruption, des insuffisances dans les soins médicaux d’urgence, ainsi que des lacunes dans les programmes de réhabilitation et les mécanismes de contrôle.
Pour remédier à ces problèmes, plusieurs recommandations ont été formulées. Le rapport préconise notamment un renforcement immédiat des effectifs à Melrose, une réforme de la gouvernance pénitentiaire, une meilleure classification des détenus, le développement de programmes de réhabilitation et de formation professionnelle, ainsi qu’un renforcement des mesures de lutte contre la corruption et l’introduction de protocoles médicaux d’urgence.
Le Board recommande également la création de mécanismes disciplinaires indépendants, un renforcement des organes de supervision, une révision des politiques relatives à la détention provisoire et la mise sur pied d’un Criminal Justice Committee chargé de s’attaquer aux problèmes de surpopulation carcérale et aux autres défis structurels du système pénitentiaire.
Dans ses conclusions, le Board estime que la mort d’Andy Selmour a mis en évidence des faiblesses institutionnelles majeures et souligne que toute réforme du système pénitentiaire nécessitera une volonté politique affirmée, une responsabilité institutionnelle renforcée et un engagement durable de l’ensemble des acteurs concernés.
Le Conseil des ministres a annoncé la création d’un comité présidé par le Secrétaire aux Affaires intérieures afin d’examiner le rapport et d’assurer la mise en œuvre de ses recommandations. Le document sera également déposé à l’Assemblée nationale, conformément aux dispositions de la Public Inquiries Act 2025.