
Que retenir de la Coupe du monde 2026 à l’issue de la finale entre l’Espagne et l’Argentine ? Gianni Infantino pourrait être tenté de répondre à la question en vantant le succès global de la compétition outre-Atlantique, au regard des matches spectaculaires, des stars présentes ou encore de l’affluence dans les stades. Mais ce Mondial de la démesure a aussi été entaché par l’affaire Balogun, le meilleur joueur américain qui n’a finalement pas été suspendu – après intervention de la Fifa – alors qu’il avait reçu un carton rouge.
Cette compétition était inédite sur bien des aspects : sportif, géographique, organisationnel, environnemental, diplomatique, politique, avec à l’arrivée d’énormes bénéfices financiers qui devraient assurer à Gianni Infantino une réélection dans un fauteuil à la tête de la Fifa l’an prochain, et en même temps une image écornée et une crédibilité contestée.
Un Mondial XXL à 48 équipes
Gianni Infantino peut remercier les Capverdiens : à eux seuls, en poussant l’Argentine en prolongation après avoir tenu en échec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, ils ont justifié le passage de 32 à 48 sélections.
Le patron de l’UEFA Aleksander Ceferin pronostiquait plus de matches “sans intérêt” ? Les performances des petites nations, dont quatre néophytes, ont été honorables voire surprenantes, à l’image de Curaçao qui a arraché un nul contre l’Équateur. Ou de la RD Congo capable, pour sa seconde participation, de neutraliser le Portugal et de mener face à l’Angleterre en 16es de finale.
Sur les 104 rencontres disputées, la très grande majorité a revêtu un réel intérêt. Même lors de la phase de groupe, avec des tickets pour les huit meilleurs troisièmes qui ont attendu le dernier match de la dernière journée pour être distribués, au bout du suspense. Avec une performance remarquée des sélections africaines, neuf sur dix ayant passé le cut de la phase de poules.
De quoi conforter Gianni Infantino dans l’idée d’une expansion à 64 participants pour le centenaire du Mondial en 2030. “Si on n’offre pas aux petits pays la possibilité de participer au Mondial, ils n’auront plus la motivation de continuer à s’améliorer”, a-t-il prédit.
Restent les questions autour de l’énorme impact climatique du tournoi, disputé dans 16 villes, sur quatre fuseaux horaires différents, qui a obligé certaines équipes à effectuer de longs voyages. Quant au jet privé de Gianni Infantino, présent à une multitude de matches, parfois dans la même journée, son bilan carbone total est considéré par les experts comme inédit dans l’histoire des grands évènements sportifs.
Source: France24