Pour une fois dans ce Mondial 2026, Lionel Messi n’a pas marqué. Mais, en demi-finale contre l’Angleterre, mercredi 15 juillet à Atlanta, il a quand même soigné ses statistiques en délivrant les deux passes décisives qui ont permis à l’Argentine d’arracher la qualification (2-1) pour défendre son titre dimanche face à l’Espagne.

Bien muselé par les Anglais, notamment Anderson, on a peu vu “la Pulga” s’illustrer pendant une grande partie du match. À 39 ans, l’attaquant montrerait-il finalement des signes de faiblesse ? Il a fallu que l’Angleterre ouvre le score pour prouver que non.

“Comme s’il était dans son jardin”
“Dans les 15, 20 ou 25 dernières minutes, quand il l’a pu, Messi a pris le ballon. Et Messi s’est mis à jouer comme s’il était dans son jardin”, a très bien décrit le sélectionneur argentin Lionel Scaloni.

Après le but de l’Anglais Gordon (55e), le génie argentin s’est transformé en guerrier pour mener les siens à la victoire : un centre de la droite sur Enzo Fernandez, laissé seul aux 20 mètres (85e). Puis il surgit, toujours à droite, pour récupérer le ballon repoussé par le poteau de Pickford et adresser un caviar à Lautaro Martinez, dont la tête a propulsé l’Argentine en finale (90e+2).

Avec neuf dribbles réussis en plus de ses deux passes décisives, c’est selon Opta le seul joueur à avoir réalisé une telle performance dans un match de Coupe du monde depuis 1966.

Des stats et des records
Un record anecdotique au vu de ceux qu’il vise dans cette compétition : déjà co-meilleur buteur à égalité avec Kylian Mbappé (8 buts) – et encore, il a manqué deux penaltys – il s’est rapproché de Michael Olise au nombre de passes décisives (4 contre 5 pour le Français).

Officiellement, il passe d’ailleurs devant Mbappé au classement grâce à ses deux passes du jour, les passes décisives étant le premier critère pour départager les buteurs en cas d’égalité (4 pour Messi, contre 3 pour Mbappé).

On en aurait presque oublié qu’il a déjà expédié le record de meilleur buteur de l’histoire du Mondial dès le deuxième match de cette édition. Son doublé contre l’Autriche lui avait permis de dépasser les 16 buts de l’Allemand Miroslav Klose, pour le porter aujourd’hui à 21 réalisations.

Seul le record de 13 buts sur une seule édition atteint par Just Fontaine en 1958 semble toujours hors de portée. Tout Messi qu’il est, il lui faudrait un miracle pour marquer plus de 5 buts face à la Roja.

“Il l’a encore fait aujourd’hui”
En demi-finale comme depuis le début du tournoi, l’équipe de Lionel Scaloni a eu chaud contre l’Angleterre et n’a montré son talent que lorsqu’elle était menée.

Au coup de sifflet final, la “Pulga” est restée longtemps à savourer sur le terrain, bras levés et sourire tendu vers les supporters argentins qui ont encore une fois tremblé avant d’exulter.

S’il ne court plus comme avant, le vétéran de l’Inter Miami reste d’une efficacité clinique. Et décisive à chaque match dans ce Mondial. En huitièmes contre l’Égypte, qui menait 2-0 à dix minutes de la fin, il a sauvé l’Albiceleste en cinq minutes avec une passe décisive pour Cristian Romero, puis un but. “C’est devenu un animal”, avait alors décrit Zlatan Ibrahimovic sur le plateau de Fox Sport. “Quand il s’est mis en chasse, personne ne pouvait l’arrêter.”

“Aujourd’hui, nous sommes encore allés la chercher”, a expliqué “l’animal” en question après la victoire sur l’Angleterre. “Quand la situation s’est compliquée, nous n’avons jamais cessé d’y croire (…) Nous replaçons l’Argentine parmi les deux meilleures [nations]”.

Son adversaire malheureux, l’Anglais Harry Kane a estimé que son équipe avait “très bien géré” le phénomène argentin. Avant de préciser : “pendant une grande partie du match”.

“Mais comme toujours avec les joueurs les plus dangereux au monde, lorsqu’ils ont le ballon dans les 30 derniers mètres, ils peuvent créer quelque chose. Il l’a encore fait aujourd’hui. Il est évidemment l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, et ce n’est pas un hasard”, assure le Britannique.

Il lui reste une dernière marche à gravir, dimanche, au MetLife Stadium d’East Rutherford, en banlieue de New York, pour graver définitivement son nom dans la légende de la Coupe du monde. Face à l’Espagne, Léo Messi guidera les siens vers une quatrième étoile, la deuxième consécutive, ce qu’aucune équipe n’a réussi depuis le doublé du Brésil de Pelé et Garrincha en 1958 et 1962.

Source: France24