Après neuf mois passés en détention provisoire et plusieurs demandes de remise en liberté rejetées par les juridictions mauriciennes, l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga franchit une nouvelle étape dans sa bataille judiciaire. Le 22 juillet, il a déposé une demande d’autorisation d’appel devant le Privy Council, ultime juridiction d’appel pour Maurice, afin de contester les décisions lui ayant jusqu’à présent refusé la liberté sous caution.

Cette demande désigne notamment comme intimés la magistrate de la Bail and Remand Court, le Directeur des poursuites publiques (DPP) ainsi que la Financial Crimes Commission (FCC). À ce stade, aucune date d’audience n’a été fixée et le Privy Council n’a pas encore précisé les questions de droit qui seront examinées.
Cette nouvelle démarche intervient après l’échec de toutes les voies de recours entreprises jusqu’ici devant les juridictions mauriciennes. La défense de Mamy Ravatomanga espère désormais convaincre le Privy Council d’examiner les décisions ayant conduit à son maintien en détention provisoire, alors que l’homme d’affaires n’a toujours pas obtenu la moindre remise en liberté sous caution.

Arrêté le 24 octobre 2025 par la FCC, Mamy Ravatomanga fait l’objet de deux accusations provisoires de blanchiment d’argent ainsi que d’une accusation provisoire d’entente délictueuse. L’enquête porte sur des soupçons de détournement de fonds et de blanchiment d’argent.

Après plusieurs hospitalisations, il a été transféré à la prison de Melrose en décembre 2025, où il est toujours détenu. Depuis son arrestation, toutes les demandes de remise en liberté sous caution présentées par ses avocats ont été rejetées par les tribunaux mauriciens.

La dernière audience consacrée à cette question s’est tenue le 20 juillet, alors que l’enquête, aux ramifications internationales, se poursuit. Aucun procès n’a encore été fixé et les accusations retenues contre l’homme d’affaires demeurent, à ce stade, provisoires. La FCC continue de s’opposer à sa remise en liberté, estimant que son maintien en détention reste justifié au regard de l’enquête en cours.

Pour rappel, une première demande de liberté sous caution avait été rejetée par la Bail and Remand Court le 30 décembre 2025. Une demande de révision devant la Cour suprême s’était soldée par un nouveau rejet le 26 mai dernier. Plus récemment, ses avocats ont présenté une nouvelle demande de remise en liberté, qui n’a pas encore abouti.

Le recours devant le Privy Council ne porte pas sur le fond des accusations, mais sur les décisions rendues par les juridictions mauriciennes concernant son maintien en détention provisoire. Si l’autorisation d’appel est accordée, la plus haute juridiction d’appel pourrait être appelée à examiner la légalité des décisions ayant refusé sa remise en liberté sous caution.

La demande d’autorisation d’appel a été introduite par son équipe d’avocats en Angleterre, dirigée par Geoffrey Cox. En attendant une éventuelle décision du Privy Council, Mamy Ravatomanga demeure incarcéré à la prison de Melrose, près de neuf mois après son arrestation, sans avoir obtenu la liberté sous caution.