
Une inflation globale annoncée à 5,5 % pour 2026, c’est déjà difficile à avaler. Mais derrière ce chiffre moyen se cache une réalité beaucoup plus violente pour le budget des ménages mauriciens. L’analyse détaillée de l’Indice des prix à la consommation (IPC) révèle que sur les dépenses essentielles du quotidien, la hausse des prix s’apparente à une véritable flambée. Sortir, se déplacer, ou simplement se loger : tout coûte drastiquement plus cher.
Le palmarès de la flambée des prix
Les données du premier trimestre 2026, avec un glissement annuel mesuré jusqu’en mai, brossent le portrait d’une économie où les secteurs-clés échappent à tout contrôle tarifaire.
Les secteurs de la restauration, des transports et du logement affichent des hausses de prix pulvérisant la cible de 3,5 % de la Banque centrale. Le trio de tête de l’inflation frappe directement le mode de vie des citoyens :
1. Restauration et hôtellerie (+11,5 %) : C’est le secteur le plus touché. Le simple fait de manger à l’extérieur ou de prendre un café devient inabordable pour beaucoup. Les restaurateurs, pris en étau entre la hausse des prix des matières premières alimentaires et les coûts de l’énergie, répercutent la facture sur le client final.
2. Transports (+9,6 %) : Se déplacer est devenu un luxe. Cette hausse spectaculaire s’explique par l’augmentation des prix des véhicules importés, la flambée des pièces de rechange et les coûts de maintenance, pénalisant lourdement les travailleurs qui font la navette tous les jours.
3. Logement et services publics (+8,1 %) : L’entretien de la maison, les loyers et les factures d’eau et d’électricité pèsent un poids démesuré sur les revenus fixes.
Un pouvoir d’achat siphonné
D’autres secteurs, comme la santé (+7,0 %) et les services financiers et d’assurance (+5,8 %), se situent également bien au-delà de l’inflation globale de 4,3 % enregistrée en mai, et très loin de la cible de 3,5 % visée par la Banque de Maurice.
Un fait notable, les légumes et les salaires des ouvriers (pour l’entretien domestique) ont été identifiés comme les principaux contributeurs individuels à la hausse de l’indice sur les premiers mois de l’année.
La conclusion est amère pour les consommateurs : l’inflation ne frappe pas les produits superflus, elle s’attaque au cœur même des dépenses incompressibles. Alors que la croissance économique ralentit, cette explosion des prix sur les besoins vitaux pose une question urgente sur la viabilité du pouvoir d’achat de la classe moyenne mauricienne à court terme.
Références :
[1] Statistiques de l’inflation globale et prévisions 2026 (Taux actuel, Moteurs, Cible BOM).
[2] Statistics Mauritius. Indice des Prix à la Consommation (CPI), 1er Trimestre 2026