Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publiques, le mercredi 15 juillet 2026, les conclusions de son conseil d’administration au titre de l’Article IV pour l’année 2026. L’institution financière internationale exhorte la République de Maurice à intensifier ses réformes structurelles et à accentuer la consolidation budgétaire face à une dette publique élevée, des pressions inflationnistes persistantes et un environnement international instable.

Ralentissement économique et poussée inflationniste
Bien que l’économie mauricienne fasse preuve de résilience, les perspectives macroéconomiques affichent une orientation à la baisse. Après avoir enregistré un taux de croissance de 3,2 % en 2025 — soutenu par le tourisme et les services financiers malgré un repli de la construction —, l’activité économique devrait ralentir à 2,8 % en 2026. Ce fléchissement s’explique par les tensions géopolitiques mondiales, le conflit au Moyen-Orient, le ralentissement consécutif du tourisme et la hausse des prix des matières premières. Le FMI anticipe également une dégradation du déficit courant, qui passerait de 7,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2025 à 7,4 % en 2026, avant un redressement graduel vers 3,2 % à moyen terme grâce à la reprise de l’investissement.

Sur le front des prix, malgré une accalmie au début de 2026 avec une inflation établie à 4,1 % en juin, une trajectoire ascendante est prévue pour le second semestre en raison des coûts de l’énergie et des produits de base. Le FMI table sur une inflation à 6,4 % en glissement annuel d’ici décembre 2026, un niveau supérieur à la fourchette cible de 2 % à 5 % fixée par la Banque de Maurice (BoM).

Trajectoire des finances publiques et gestion de la dette
Le principal point de vigilance soulevé par les administrateurs concerne la viabilité des finances publiques. À la fin du mois de juin 2025, la dette publique culminait à 86 % du PIB, une situation attribuée à un assouplissement budgétaire lors de l’exercice 2024/2025 et à l’augmentation des dépenses courantes. Sans inflexion des politiques actuelles, l’endettement devrait se maintenir à un niveau élevé à moyen terme.
Pour redresser la barre, l’institution préconise « la consolidation budgétaire doit être intensifiée afin d’inscrire la dette publique sur une trajectoire durablement décroissante et de reconstituer les réserves budgétaires », tout en mettant en place des aides temporaires et ciblées pour protéger les ménages les plus vulnérables. Le FMI souligne également que, « la dette publique devrait rester élevée à moyen terme si les politiques actuelles demeurent inchangées. Les risques pesant sur les perspectives restent orientés à la baisse, notamment en raison de l’incertitude accrue au niveau mondial, de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que d’éventuels retards dans le réajustement de la politique macroéconomique. À l’inverse, les risques à la hausse proviennent d’une manne financière liée à l’accord sur les Chagos et d’un apaisement des tensions géopolitiques. »

Indépendance monétaire et réformes structurelles
Dans le domaine monétaire, le FMI insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance de la Banque de Maurice. Cela implique un soutien budgétaire à la Banque centrale, l’adoption rapide des amendements à la Bank of Mauritius Act, et un désengagement progressif de la Mauritius Investment Corporation (MIC), incluant le retour rapide à la BoM des fonds non encore décaissés de la MIC.

Enfin, pour stimuler la productivité et la compétitivité face au vieillissement démographique et aux chocs climatiques, le FMI liste plusieurs axes de réformes urgentes :
• Accroître la participation au marché du travail et mobiliser la main-d’œuvre disponible.
• Moderniser le climat des affaires et renforcer les compétences via la formation.
• Accélérer la digitalisation de l’économie.
• Intensifier les investissements dans des infrastructures résilientes face aux changements climatiques.

Sur le plan financier, bien que les risques restent globalement contenus et que les progrès en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme soient salués, le FMI appelle à une vigilance accrue quant à l’exposition des banques au secteur immobilier, aux liens entre les banques et l’État, aux flux du Global Business et au développement des actifs virtuels.