
Fin mai, la loi danoise a fixé à 70 ans l’âge de la retraite pour les actifs nés après le 31 décembre 1970, soit les personnes qui auront 69 ans en 2040 et après. De nombreux pays occidentaux sont confrontés au vieillissement de leur population qui complique le financement des retraites. Au Danemark, l’âge de la retraite est indexé depuis 2006 sur l’espérance de vie et révisé tous les cinq ans.
Kirsten Evans est née le 12 janvier 1972. « Je trouve que 70 ans, c’est vieux, c’est un âge avancé », explique à l’AFP cette cadre bancaire de 53 ans. « Vous voulez profiter du fait d’avoir travaillé pendant tant d’années (…) et avoir toujours une belle vie ensuite. »
Le système danois est un cocktail
La pension de base universelle publique est actuellement de 7 198 couronnes, soit 968 euros en 2025, et l’âge du premier versement dépend de l’espérance de vie. S’ajoutent des régimes complémentaires par capitalisation dont l’un est obligatoire et les autres facultatifs. Grâce à sa retraite complémentaire, Kirsten Evans envisage de prendre sa retraite autour de 65 ou 66 ans bien que cela « soit abstrait de penser tant d’années en avance », sourit l’énergique Danoise.
« On observe qu’environ 80 % des personnes qui prennent leur retraite auraient pu travailler plus longtemps, mais les 20 % restants prennent leur retraite soit parce qu’elles ne peuvent pas trouver un emploi, soit parce qu’elles sont malades », souligne l’ethnologue Aske Juul Lassen, maître de conférences à l’université de Copenhague. « Pour ces 20 %, il y a une grande différence si l’âge de la retraite augmente à nouveau », note ce spécialiste des seniors qui déplore que les « inégalités augmentent avec l’âge. »
Le fossé risque de se creuser entre ceux qui auront les moyens, grâce à leurs finances personnelles, de partir plus tôt et les autres, insiste Damoun Ashournia, économiste en chef de l’organisation syndicale FH. « Deux tiers de nos membres prennent déjà leur retraite avant l’âge officiel mais cela est dû au fait qu’ils sont épuisés et qu’ils effectuent un travail physique difficile », dit-il.
Camilla Rasmussen, membre du syndicat et infirmière dans un service de gastroentérologie d’un hôpital de Copenhague, est convaincue qu’elle ne pourra pas travailler jusqu’à 70 ans. « Ce serait vraiment difficile pour moi de continuer à faire environ 10 000 pas chaque jour », estime la jeune femme de 37 ans. « Si je suis encore là à 70 ans, je pense que ce n’est pas juste pour les patients. »
Source : France 24