
Lancée vers la fin de février 2024, la petite entreprise d’artisanat de Nadine semblait promise à un bel avenir. Spécialisée dans la confection de colliers et de bracelets personnalisables, la jeune entrepreneuse avait su capter l’attention du public lors d’événements phares.
Parmi ses succès, figure la projection au cinéma du Taylor Swift : The Eras Tour à Maurice, où les « Swifties » (les fans de la chanteuse) lui avaient commandé plus de 300 « bracelets de l’amitié ». Et pourtant, « monn aret mo ti biznes… monn pran sa desizion la mo krwar depi avril… », dit tristement Nadine.
L’explosion des coûts d’importation et des frais de dédouanement des matières premières l’ont poussée à prendre cette décision. « Parfois to kav aste Rs 3 000 matier premier, to pey Rs 500 – 1 000 lor tax. Be apre kan to charge klian la pli ser, zot pa dakor. » À cela, s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat.
L’écart de conversion entre la roupie mauricienne et le dollar américain a directement impacté ses marges de profit, rendant le produit fini trop onéreux pour le marché local. « Nou lamone vo mwin ki dolar ek aster kan to aste depi lor bann sit la ek sa kas ki nou ganye dan pei la li paret ser. » Les prix de ses bracelets varient de Rs 100 à Rs 850 dépendant des matériaux et des modèles.
Nadine souligne que l’accès aux nouveautés sur le marché mondial souffre de barrières administratives strictes à Maurice, limitant sa réactivité commerciale face aux tendances internationales : « Ena nouvo prodwi pa aksesib deswit, to bizin atann gayn drwa amenn li Moris ».
Comment compte-t-elle gagner sa vie désormais ? « Erezman mo ena enn metie apar, mo fer salesgirl dan magazin linz … », répond cette habitante de la région de Dubreuil. Ce petit business, précise-t-elle, lui permettait d’aider son petit frère qui est toujours à l’école. Nadine ne désespère pas de reprendre cette activité qui la passionne si la situation s’améliore.