Le Real Madrid va se présenter au Nou Camp dimanche (21 h) dans une ambiance ô combien tendue. On peut presque qualifier cela de surréaliste tant les éléments contraires s’enchaînent ces derniers jours. On l’a appris hier, Federico Valverde et Aurélien Tchouameni en sont venus en mains. Deux fois. La première à l’entraînement de mardi après une intervention engagée de l’un sur l’autre, la seconde le lendemain où cette fois des coups ont été échangés jusqu’à envoyer l’Uruguayen se faire poser des points de suture… Un nouvel incident pour lequel les deux Merengues ont écopé d’une amende XXL. C’est dire l’ambiance d’un vestiaire qui a connu, et connaît encore, une succession de problèmes depuis le coup d’envoi de la saison.

Qu’il semble loin le temps où le Real avait comme surnom « el club de los amigos ». Tout avait commencé dès la fin de l’été avec de premiers problèmes apparents entre Vinicius Junior et Xabi Alonso. Le Brésilien ne comprend pas son utilisation par son nouveau coach. Régulièrement remplacé, il voit bien qu’il est en train de passer au second rang des joueurs offensifs derrière Kylian Mbappé. Le conflit explose sur la place publique lors du Clasico le 26 octobre. Sorti à la 72e minute, l’attaquant est éruptif. Il ne salue pas son entraîneur, enrage auprès du banc et frappe dans une bouteille d’eau avant de regagner directement les vestiaires.

On impute à l’attaquant d’être l’un des joueurs menant au départ du technicien, arrivé seulement cet été. Il n’est pas le seul loin de là même. Son successeur, Alvaro Arbeloa parvient à faire pire en termes de relationnel. Rapidement, il se met Dani Carvajal à dos, le capitaine officiel et le leader du vestiaire. Quand on lui fait remarquer que le latéral droit ne joue pas, il répond de manière laconique. « Je réfléchis à ce qu’il y a de mieux pour l’équipe. » Depuis, la relation entre les deux hommes est brisée. En février déjà, Carvajal avait été l’auteur d’un tacle par derrière à l’entraînement sur le jeune Víctor Valdepeñas. Verdict : un mois d’absence pour une blessure au genou.

Le vétéran de 34 ans n’est pas le seul à s’être mis son coach à dos. Raul Asencio entretient lui aussi une relation tendue remontant au match aller contre Manchester City où il est victime d’une grave entorse cervicale. Il est mis au repos mais revient pour dépanner seulement neuf jours plus tard. Remplaçant lors du retour face aux Cityzens, il fait part de son mécontentement. Au match suivant face à Elche, et alors qu’il est annoncé titulaire, il prétexte une douleur musculaire avec un certificat médical, obligeant Rüdiger à jouer alors qu’il était censé se reposer. Depuis cet épisode, le défenseur n’est presque plus apparu. La situation est encore plus dégradée pour Dani Ceballos, qui attend son départ en fin de saison. « Je fais toujours jouer les joueurs que je juge appropriés », estimait Arbeloa.

D’autres événements ont eu lieu à l’entraînement comme entre Antonio Rüdiger et Alvaro Carreras. Ici aussi, ça s’est joué en deux temps. Un premier a eu lieu il y a trois mois, au lendemain de la publication d’une photo de groupe au restaurant devant symboliser l’esprit de solidarité entre les joueurs (c’est loupé), et un second début mai. L’Allemand a alors giflé son partenaire, très agacé par son attitude. Le latéral gauche a beau avoir démenti l’altercation, l’information est rapidement confirmée par les médias espagnols et ne surprend pas plus que cela étant donné le passif de l’ancien joueur de Chelsea, jamais avare de provocations et de gestes limites. En parallèle, Florentino Pérez a essuyé des coups de téléphone des parents de deux internationaux dont le temps de jeu s’était réduit.

Enfin, il y a le cas Kylian Mbappé, presque à part. Le vestiaire a dû faire de la place pour lui, dans tous les sens du terme. Certes, il marque des buts (85 en 100 matchs avec la Casa Blanca) mais l’équipe est déséquilibrée, coupée en deux, notamment en raison de ses faibles retours défensifs. Ses partenaires le remarquent bien sûr. On lui prête des relations particulièrement orageuses avec Jude Bellingham. Récemment, il y a eu cet épisode où le Français a insulté un membre du staff. Avant cela, il y avait eu la polémique sur sa blessure « au mauvais genou », puis ce dernier pépin physique à la cuisse. Il a tout de même été autorisé par son club à prendre des congés en Italie, qui ont fait polémique plus pour la forme que pour le fond. Il devrait d’ailleurs faire son retour dans le groupe au Camp Nou où, heureusement, les Madrilènes n’auront pas à faire le pasillo…

Source : Foot Mercato