Des salons feutrés de la royauté au délire absolu des rues madrilènes, les champions du monde espagnols se sont offerts une fête dingue à Madrid ce lundi soir. Lamine Yamal, son petit frère ainsi que Borja Iglesias, Rodri et le héros Ferran Torres ont été particulièrement à l’honneur dans cette soirée déjantée.

Au sommet de la planète football depuis la finale de Coupe du Monde remportée ce dimanche, l’Espagne savoure son nouveau statut. Au terme d’une finale irrespirable à New York, la Roja a décroché sa deuxième étoile de championne du monde en dominant l’Argentine (1-0). L’unique buteur de la rencontre, Ferran Torres, a délivré tout un peuple lors de la seconde période des prolongations, provoquant des explosions de joie d’une telle intensité que des sismomètres ont enregistré des micro-séismes à travers toute la péninsule ibérique. Dès le matin, l’euphorie s’est propagée jusque dans les airs, le commandant d’un vol commercial espagnol annonçant même le sacre en direct à ses passagers au-dessus des nuages.

Ce lundi, les nouveaux rois du monde ont fait leur retour tardif sur le sol national, leur avion ayant été retardé par un incendie au nord de la capitale. À 14h30, l’appareil d’Iberia s’est enfin posé à l’aéroport de Madrid-Barajas sous un grand ciel bleu. C’est le capitaine Rodri, grand patron du milieu de terrain et élu meilleur joueur du tournoi, qui a ouvert la marche sur le tarmac en brandissant le précieux trophée doré aux côtés du sélectionneur Luis de la Fuente, sous les applaudissements nourris du personnel aéroportuaire. Après un déjeuner secret, le marathon protocolaire a débuté aux alentours de 18h au Palais de la Zarzuela. Accueillis par une haie d’honneur des salariés, les joueurs ont été reçus par la famille royale, les princesses arborant pour l’occasion le maillot blanc de la sélection.

Le roi Felipe VI a salué un sacre qui intervient 16 ans après celui de 2010, s’offrant une accolade chaleureuse avec Lamine Yamal. La Roja a ensuite mis le cap sur le palais de la Moncloa, où le Premier ministre Pedro Sánchez a félicité le groupe pour la qualité de son jeu, rappelant que l’Espagne affiche désormais un splendide “deux sur deux” en finale. La fête populaire a ensuite pris possession des rues de Madrid, où près d’1,8 million de personnes ont envahi les grandes artères pour une mobilisation historique. À bord d’un bus à impériale fendant la marée humaine à destination de la place de Cibeles, les joueurs ont totalement lâché prise. Face à cette foule en liesse, les supporters ont brandi des pancartes insolites affichant Keyne Yamal, le petit frère de la star madrilène, détourné en figure de Jésus-Christ. Hilare, Lamine Yamal s’est amusé de l’image, en profitant pour réclamer avec humour un “combat de célébrités” entre Gavi et l’Argentin Leandro Paredes qui se sont battus après la finale dimanche soir.

Tout au long du trajet, le jeune crack a adopté une véritable attitude de rockstar, micro en main, haranguant la foule au rythme des “Campeones del Mundo”. À ses côtés dans le bus, l’attaquant Borja Iglesias s’est improvisé DJ officiel, enchaînant les tubes reggaeton pour faire danser ses partenaires, dont certains célébraient déjà torse nu sous la chaleur madrilène. Clin d’œil plus cruel pour les supporters français : le tube Freed from Desire de Gala, ancien hymne des Bleus, a résonné à fond dans les haut-parleurs du bus espagnol. Héros de la finale, Ferran Torres s’est offert un clin d’œil à Donald Trump avec une casquette “Make Spain Great Again” qui fait écho au crédo du président américain.

La fête a battu son plein à 22h lors de l’arrivée des héros sur la grande scène de la place Cibeles pour des shows individuels mémorables. Alex Baena a ouvert le bal pour son 25e anniversaire, tandis que Nico Williams a gratifié le public d’un déhanché dont il a le secret sur une musique brésilienne tendance sur TikTok. Aymeric Laporte a fièrement revendiqué ses racines françaises en entrant sur le morceau « Pilé » de Mauvais Djo. De son côté, Marc Cucurella a fait le show en s’installant brièvement derrière une batterie avant de réclamer le silence pour entonner sa célèbre chanson, reprise en chœur par le public. Pour sa part, Lamine Yamal est entré sur le célèbre son “Y Que Fue” qu’il avait mis sur une enceinte après un succès face au Real Madrid il y a quelques années.

Le point d’orgue de la soirée a donné lieu à des communions entre les joueurs et tout le groupe. Une équipe également saluée par la diffusion d’un message vidéo de Shakira félicitant chaleureusement la Roja. Élu meilleur joueur du tournoi, Rodri a fait chavirer la place avec un puissant «Espagne, nous sommes champions du monde ! » avant de conclure par un traditionnel « Vive le Roi ! Vive l’Espagne !». Enfin, après les ovations pour le gardien Unai Simón, le sélectionneur Luis de la Fuente a été porté en triomphe et jeté en l’air par ses joueurs après avoir livré un discours vibrant : «merci l’Espagne de nous avoir soutenus… Unis, nous sommes plus forts. Vive l’Espagne !». Un discours qui a scellé ainsi le point final d’une nuit qui restera assurément dans les mémoires. Après un nouveau show du DJ Borja Iglesias et quelques pas de danses, les joueurs ont quitté la scène. Leur nuit est sûrement loin d’être finie et devrait se poursuivre dans les discothèques de la capitale.

Source : Foot Mercato