À la veille de la manifestation syndicale axée sur le droit à la pension ce samedi 11 juillet 2026, la déclaration d’Ashok Subron lors de sa conférence de presse le vendredi 10 juillet a immédiatement mis le feu aux poudres. En affirmant avec aplomb : « Non selmant so pansyon pou aziste kan pri monte, li pou osi augmenter », le ministre pensait sans doute calmer les esprits. C’est tout le contraire qui s’est produit.

Loin de rassurer, les détails de la nouvelle grille d’augmentation selon les catégories d’âge (65 ans : + Rs 1 000, 75 ans : + Rs 1 500, 90 ans : + Rs 7 995 et 100 ans : + Rs 5 185) ont suscité une vague d’indignation et de sarcasme sur la toile mauricienne. Sur la page d’ION News, les internautes ont massivement exprimé leur ras-le-bol, fustigeant une gestion perçue comme de l’amateurisme pur et simple. Pour A.C., la coupe est pleine : « “Trial and error” is a practical problem-solving method where you test various methods or theories, learn from your mistakes, and eliminate faulty approaches until you find a solution that works. Ban amateur. »

L’âge de la retraite est au cœur du scandale, et la question que tout le monde se pose est : qui vivra assez longtemps ? Ce qui révolte le plus la population, c’est le décalage flagrant entre la dure réalité de la vie des travailleurs et ces critères d’âge, jugés totalement déconnectés, pour espérer toucher des augmentations substantielles. A.K. s’insurge directement contre ce système et déclare : « No franchment t kone ki t p czer man ? 60 ans apres ban dure labour zt envi profit la vie t p dire 75 ans ki pu augment pension sipaki, eski pu kone combien dimun p kapav arrive sa laage laem ? » Une inquiétude partagée par K.L. qui lance un cri du cœur en affirmant : « Combien dimoune pou vivre plis ki 65 ans??? », tandis que S.B. invite les décideurs à analyser les statistiques réelles : « Faire li al get bann avis de décès. Depi zot inn fini koumans kokin pension, get combien dimounn ki ena plis ki 60 an inn mor. Li krwar dimounn pa pe trouve seki pe pase? »

L’autre grande interrogation concerne la valeur réelle de ces Rs 1 000 ou Rs 1 500 additionnelles face à l’inflation galopante. Qu’adviendra-t-il du pouvoir d’achat dans quelques années ? S.A. résume parfaitement cette angoisse face à l’avenir en posant la question fatidique : « Kan ou pour arrive 65 ans ou pour Gagne Rs 1000, et 75 ans ou pour Gagne Rs 1500. Ki sa pour vaut sa lepoque la ». Derrière l’ironie, la détresse est palpable, et certains, comme K.A., préfèrent utiliser l’humour noir pour dénoncer la grille tarifaire des centenaires : « A 150 ans komier gagner??? ».

Pour la majorité des Mauriciens, les autorités se trompent de cible. Au lieu de restructurer le budget de l’État en ciblant les privilèges de la classe politique, c’est une fois de plus le retraité au bas de l’échelle qui doit attendre un âge avancé pour voir sa situation s’améliorer. J.S. réclame un retour à la formule initiale : « Pas touche nou pension 60 ans. Rs 15,000 tous dimoune kuma li ti été avant election. » Une nostalgie des promesses non tenues appuyée par L.G.M., qui rappelle les anciennes configurations promises par le MSM face au modèle actuel de L’alliance du Changement : « Pension sa lanner la ti pou deja Rs 18 mille r ancien Gouvernement. Rs 11500 augmentation pravind ine donner. Après arette faire coumadire Rs 15 mille zote ki ine done sa. Ale lave pravind so lipied zote faire bien. »

Enfin, c’est le commentaire percutant de B.A. qui vient clouer le débat en exigeant que les sacrifices soient faits au sommet de l’État plutôt que d’asphyxier les aînés : «Zot pa bizin fer aucune reform lor cash pensionnaire 1 point cest tou , ki fer zot pa fer reform lor salaire ministre , et si bizin diminuer cash pu ban ancien palmenteur ousa coup zot cash , mais cash pu ban pensionsire zot bizin pa dimunuer , cash pensionaire bizin zis augmenter parceki zis sa meme tir nou dan difficulter , esseye met zot tou les 60 dans place sa ban pensionnaire la lerla zot pu kon nu souffrance … »

Entre colère légitime, ironie mordante et sentiment d’abandon, la voix des internautes est unanime : cette formule de réforme de la pension passe très mal auprès de la population, qui refuse de se laisser berner par des calculs politiques à la veille de la mobilisation.