
Un héritage de la colonisation britannique ravive les tensions diplomatiques dans l’océan Indien et met à l’épreuve la stratégie de l’Inde dans la région, alors que les Maldives et Maurice ont rompu leurs relations diplomatiques à la suite d’un différend territorial.
Selon des sources diplomatiques occidentales et sud asiatiques, une conférence tenue mi avril à Port Louis a mis en lumière cette nouvelle difficulté pour New Delhi, qui cherche à s’imposer comme acteur stabilisateur et « fournisseur net de sécurité » dans la région.
Lors de la 9e conférence de l’océan Indien, organisée par Maurice et à laquelle participait le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar, les Maldives n’avaient pas été invitées.
« L’Inde ne peut ignorer cette rupture diplomatique entre deux petits États insulaires avec lesquels elle a renforcé ses relations, ni prendre parti », a déclaré un diplomate sud asiatique expérimenté cité par Nikkei Asia, estimant que toute fragilité régionale pourrait profiter à la Chine.
Le différend est lié à la question des Chagos, un archipel stratégique abritant la base militaire de Diego Garcia, gérée par les États Unis et le Royaume Uni. Cette base a récemment attiré l’attention internationale dans un contexte de tensions accrues au Moyen Orient.
Maurice revendique la souveraineté sur les Chagos, une position soutenue par plusieurs décisions internationales, tandis que les Maldives contestent cette revendication en affirmant des liens historiques avec la zone.
Pour les analystes, cette crise complique l’équilibre diplomatique de l’Inde, qui soutient traditionnellement Maurice sans s’aliéner les Maldives.
« Le principal défi pour l’Inde est d’éviter que cette dispute n’affaiblisse l’unité régionale et n’ouvre la porte à des puissances extérieures comme la Chine », estime un expert.
La question des Chagos, longtemps liée au processus de décolonisation, reste donc au cœur de rivalités géopolitiques plus larges dans l’océan Indien.
Source: Asia.nikkei.com

