D’importantes foules se sont rassemblées dans les rues de la ville sainte de Machhad pour les obsèques du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

Ali Khamenei a été inhumé au sanctuaire de l’imam Reza, le lieu saint chiite le plus sacré d’Iran, mettant un terme à six jours de cérémonies de deuil organisées dans cinq villes d’Iran ainsi qu’en Irak voisin.

Selon l’agence de presse officielle IRNA, l’inhumation est intervenue après un échange de frappes entre l’Iran et les États-Unis, qui menace de compromettre un accord préliminaire visant à mettre fin au conflit au cours duquel le dirigeant iranien a été tué.

Plus tôt dans la journée, les Gardiens de la révolution ont accusé les États-Unis d’avoir bombardé, durant la nuit, deux ponts de la ligne ferroviaire reliant Téhéran à Machhad, affirmant que cette attaque visait à « éclipser » les funérailles.

Ali Khamenei et plusieurs membres de sa famille ont été tués lors d’une frappe israélienne contre sa résidence à Téhéran, le 28 février, premier jour de la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël.

Il a été remplacé à la tête de la République islamique par son fils, Mojtaba Khamenei, qui n’a plus été aperçu en public depuis qu’il aurait été grièvement blessé lors de cette même attaque.

Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei n’a participé ni aux cérémonies organisées à Téhéran et à Qom, ni, selon les informations disponibles, à l’inhumation à Machhad.

Jeudi matin, un avion transportant les cercueils d’Ali Khamenei, de sa petite-fille, de son gendre, de sa fille et de l’épouse de Mojtaba Khamenei a atterri à Machhad en provenance d’Irak, où d’importantes processions avaient auparavant eu lieu dans les villes saintes chiites de Nadjaf et Kerbala.

Dans l’après-midi, la télévision iranienne a diffusé des images montrant des milliers de personnes vêtues de noir défilant sur un grand boulevard du centre de Machhad. Beaucoup brandissaient des drapeaux iraniens et des étendards rouges, symboles de vengeance.

Des participants portaient également des portraits d’Ali Khamenei ainsi que des pancartes appelant à la mort du président américain Donald Trump. Les slogans officiels affichés au-dessus du boulevard comprenaient notamment : « Nous devons nous lever ».

« La perte du Guide est plus douloureuse que celle de nos propres parents », a déclaré Hoda, une mère de famille de 35 ans, à l’agence AFP. « Seule la mort de Trump et de Netanyahu apaisera notre douleur. »

En fin de journée, un camion a transporté lentement le cercueil d’Ali Khamenei à travers la foule jusqu’au sanctuaire de l’imam Reza, où il est arrivé à la tombée de la nuit.

L’imam Reza, huitième imam du chiisme, est le seul des douze imams à être enterré en Iran. Son mausolée, datant du IXᵉ siècle et reconnaissable à son imposant dôme doré et à ses minarets, accueille chaque année des millions de pèlerins.