La hausse de 300 % des frais applicables aux Authorised Companies continue d’alimenter le débat au sein du secteur des services financiers. Alors que plusieurs observateurs estiment que cette mesure pourrait réduire l’attractivité de Maurice comme centre financier international, la Financial Services Commission (FSC) affirme qu’il s’agit d’un réalignement nécessaire pour préserver la compétitivité du pays.

Entrée en vigueur le 1er juillet 2026, la nouvelle grille tarifaire prévoit que les frais gouvernementaux annuels passent de 350 dollars américains à 1 400 dollars américains, tandis que les frais de traitement augmentent de 150 à 600 dollars américains. Les Authorised Companies, utilisées principalement pour des activités commerciales et d’investissement à l’international, sont les principales concernées.

La hausse des frais a également ravivé la concurrence entre les centres financiers internationaux. Aux Seychelles, un opérateur spécialisé dans les services aux entreprises propose désormais aux Authorised Companies enregistrées à Maurice de transférer leur domicile vers cette juridiction, en mettant en avant un environnement moins coûteux. Cette démarche met en lumière la pression concurrentielle à laquelle fait face le secteur du Global Business mauricien.

Face aux inquiétudes exprimées dans le secteur, la FSC a publié un communiqué le 10 juillet, dans lequel elle reconnaît les préoccupations liées à la compétitivité et aux coûts d’exploitation, tout en estimant que cette réforme est indispensable pour maintenir Maurice comme un centre financier international transparent, sûr et robuste.

Le régulateur souligne que cette révision des frais découle d’une mesure budgétaire 2025-2026 et s’inscrit dans la stratégie économique du gouvernement visant à moderniser le cadre réglementaire du secteur financier.

La commission fait également valoir que les frais de traitement n’avaient pas été révisés depuis 2008, tandis que les frais annuels remontaient à 2019. Durant cette période, elle affirme avoir absorbé la hausse des coûts liée à l’inflation, aux nouvelles exigences internationales de conformité et au renforcement des missions de supervision. Selon elle, la nouvelle grille tarifaire constitue donc un réalignement structurel plutôt qu’une augmentation arbitraire.

S’agissant plus particulièrement des Authorised Companies, la FSC explique que ces entités présentent un profil de risque plus élevé en raison de leurs activités transfrontalières, nécessitant une supervision plus intensive et le respect des normes internationales, notamment celles du Financial Action Task Force (FATF).

Tout en défendant cette réforme, la commission insiste sur le fait que Maurice ne cherche pas à concurrencer les autres juridictions uniquement par des coûts réduits. Elle estime que les principaux atouts du pays demeurent la qualité de son cadre réglementaire, l’État de droit, la bonne gouvernance et sa réputation internationale, affirmant que le centre financier mauricien reste compétitif malgré cette hausse des frais.