
« Laissez-moi vous dire que nous avons gagné. Il ne faut jamais crier victoire trop tôt (mais) nous avons gagné. » Ces mots sont de Donald Trump et ont été prononcés mercredi 11 mars à propos de la guerre au Moyen-Orient lors d’un rassemblement électoral dans le Kentucky, dans l’est des États-Unis. Le président américain, qui ne doute pas du succès des frappes israélo-américaines sur l’Iran depuis près de deux semaines, a tout de même nuancé : « Nous devons finir le boulot. (…) Nous ne voulons pas y revenir tous les deux ans. »
Derrière ce discours triomphaliste, le président américain peine à dissimuler une autre réalité qui prend corps depuis le 28 février : ses conseillers et lui ont sous-estimé l’ampleur de la riposte iranienne aux frappes israélo-américaines, selon un article du New York Times publié le 10 octobre. À commencer par l’évaluation de l’état du pouvoir conservateur en Iran.
« Donald Trump a sous-estimé la résilience de Téhéran : il pensait que l’organisation du pouvoir en Iran était strictement pyramidale et qu’en coupant sa tête (l’ayatollah Ali Khamenei, NDLR), il entraînerait de manière automatique la chute du régime », explique le géopolitologue Dominique Moïsi, auteur de « Le Triangle des passions du monde : comprendre le chaos qui vient » (Éd. Robert Laffont, 2026). « En réalité, la structure du pouvoir iranien est tout autant horizontale que verticale, elle fonctionne en réseau. C’est un pouvoir créé pour survivre, qui se savait menacé par l’Amérique et Israël, et qui s’est organisé en conséquence. »
Téhéran semblait déjà prêt à une continuité du pouvoir avant le début de la guerre au Moyen-Orient : quelques jours après l’assassinat ciblé d’Ali Khamenei, l’un de ses fils, Motjaba Khamenei, a été nommé pour lui succéder en tant que guide suprême. Ce choix d’une des personnalités les plus influentes de la République islamique apparaît aussi comme un pied de nez à Donald Trump, qui estimait il y a encore une semaine qu’il devait être impliqué dans le choix du prochain dirigeant iranien.
Source : France 24