«Mo lor zot lapis», «je suis sur votre piste». Le ton menaçant, c’est plus qu’une mise en garde que Maneesh Gobin a adressé aux distributeurs de légumes, et notamment d’oignons et de pommes de terre. Ces deux produits se font rares – et chers, malgré les prix fixés il y a quelques semaines – sur le marché. Et alors que l’Agricultural Marketing Board (AMB) poursuit ses livraisons à un rythme normal malgré le couvre-feu sanitaire, a insisté le ministre de l’Agro-industrie.

Le problème ne se pose donc pas au niveau de la livraison mais de la distribution. Et si les autorités sont restées silencieuses jusqu’ici, c’est bien le bâton qui est désormais brandi. Outre les contraventions émises par les inspecteurs du ministère du Commerce, des poursuites légales seront entamées post-confinement, prévient Maneesh Gobin.

«Pou ena case kont 1 wholesale dealer», «un grossiste sera poursuivi», il gère deux entrepôts, a-t-il assuré lors de son intervention enregistrée à son domicile, ce mercredi 15 avril. En précisant que, du reste, l’identité de ceux venus s’approvisionner auprès de l’AMB est «connue». Ceux qui se sont rendus coupables de pratiques abusives, en se constituant des réserves revendues bien plus chères par la suite, seront de plus «blacklisted» par l’AMB : ils ne pourront plus acheter les légumes qui s’y vendent.

Du reste, les supermarchés et autres petits commerces autorisés à opérer peuvent s’approvisionner directement auprès de l’AMB depuis la semaine dernière. Cela afin de s’assurer que les consommateurs puissent obtenir pommes de terre et oignons à prix et en quantité raisonnables. Il est, en effet, trop tôt pour rouvrir les marchés et foires. «Si nou ouver bazar, lamor ki pe get nou pli divan», a déclaré le ministre, en rappelant les attroupements dans ces lieux lors des premiers jours du confinement imposé pour endiguer la pandémie de Covid-19.

Du 1er mars au 15 avril, l’AMB a livré 2403 tonnes de pommes de terre et 1885 tonnes d’oignons. Soit une moyenne de 400 et 300 tonnes par semaine respectivement.