
Le danger est latent mais bien réel pour Kiev. L’Ukraine a renforcé sa présence militaire dans les régions du Nord, tandis que le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a annoncé jeudi 21 mai des opérations de contrôle près de la frontière. Des mesures préventives « sans précédent » qui interviennent alors que la Russie est soupçonnée de vouloir étendre le spectre de la guerre depuis la Biélorussie.
L’objectif est d’« empêcher l’ennemi de s’infiltrer dans les zones frontalières, de mener des activités de sabotage et terroristes, de conduire des opérations subversives et de renseignement », a précisé le SBU dans une communication sur Telegram.
Ces opérations d’envergure impliquent la police, les forces armées, la garde nationale, les garde-frontières et concernent cinq régions, notamment celles de Tchernihiv, Kiev et Rivné.
« Nous avons analysé en détail les informations fournies par nos services de renseignement concernant la planification par la Russie d’opérations offensives dans l’axe Tchernihiv-Kiev », avait déclaré la veille Volodymyr Zelensky, ajoutant que Kiev étudiait cinq scénarios d’une extension des opérations russes.
Selon Oleksandr Syrskyi, le commandant en chef de l’armée ukrainienne, l’État-major russe est en train de préparer activement des opérations offensives depuis le nord.
« Poutine ne fait plus aucun progrès dans le Donbass [région du sud-est de l’Ukraine]. Il perd environ un millier d’hommes par jour. Il est donc probablement en train de chercher des alternatives. Comme il n’y a pas vraiment d’option au Sud, il lui reste le Nord et donc la Biélorussie », affirme Tim Willasey-Wilsey, ancien diplomate et chercheur associé au RUSI, un centre de réflexion britannique spécialisé dans la défense et la sécurité.
L’armée russe n’a en effet enregistré aucune progression en mars et a même reculé de 120 km² en avril, une première depuis l’été 2023. À cette dynamique négative s’ajoutent des attaques de drones ukrainiens de plus en plus audacieuses sur le territoire russe. Des zones situées jusqu’à 2 000 kilomètres de la frontière ukrainienne sont désormais régulièrement touchées, important le conflit dans des foyers russes jusqu’ici épargnés. La campagne de frappes menées par l’Ukraine contre les installations pétrolières russes a également contraint Moscou à réduire sa production.
Source : France 24

