
Maurice demeure fortement dépendante des importations pour répondre à ses besoins énergétiques. En 2025, 90,8 % de l’approvisionnement énergétique du pays provenait de combustibles importés, contre 90,9 % en 2024. Les sources locales n’ont représenté que 9,2 % de l’énergie utilisée à l’échelle nationale.
Selon les dernières statistiques publiées par Statistics Mauritius, les besoins énergétiques primaires du pays ont atteint 1,63 million de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2025, en hausse de 1 % par rapport aux 1,61 million de tep enregistrées l’année précédente. Les produits pétroliers ont représenté 64,3 % de cet approvisionnement, devant le charbon (26,4 %) et les énergies renouvelables (9,3 %).
L’approvisionnement en produits pétroliers a d’ailleurs poursuivi sa progression. Il est passé de 985 990 tonnes équivalent pétrole en 2024 à 1 049 251 tonnes équivalent pétrole en 2025, soit une hausse de 6,4 %. À l’inverse, l’approvisionnement en charbon a reculé de 10,5 %, passant de 481 602 à 431 243 tonnes équivalent pétrole.
Cette dépendance continue de peser sur les finances du pays. La facture des importations de produits pétroliers et de charbon a atteint Rs 71,4 milliards en 2025, contre Rs 67,3 milliards en 2024, soit une augmentation de 6,1 %. Ces importations ont représenté 22,4 % de la facture totale des importations mauriciennes.
Fait notable, cette hausse de la facture énergétique est intervenue malgré une baisse des prix moyens à l’importation de plusieurs produits pétroliers. Selon Statistics Mauritius, les prix moyens à l’importation de l’essence ont reculé de 13 %, ceux du diesel de 7,6 %, du kérosène de 9,9 % et du Fuel Oil de 6,3 % en 2025. Dans le même temps, les importations de produits pétroliers ont augmenté de 17,7 %, contribuant à porter la facture énergétique du pays à son niveau actuel.
Les produits pétroliers ont représenté à eux seuls Rs 67,8 milliards d’importations. Le Fuel Oil demeure le poste le plus important avec une valeur de Rs 34,7 milliards, suivi du diesel (Rs 12 milliards), du kérosène à double usage (Rs 10,1 milliards) et de l’essence (Rs 8 milliards).
Du côté des énergies renouvelables, leur contribution demeure relativement limitée. En 2025, elles ont représenté 9,3 % des besoins énergétiques primaires du pays, contre 9,1 % un an auparavant. La bagasse reste la principale source renouvelable utilisée à Maurice et représente près de 77 % de l’ensemble de la production renouvelable.
Le solaire photovoltaïque est toutefois l’une des filières les plus dynamiques. Sa contribution à l’approvisionnement énergétique est passée de 15 304 tonnes équivalent pétrole en 2024 à 19 849 tonnes équivalent pétrole en 2025, soit une hausse de 29,7 %. Dans le secteur électrique, la production photovoltaïque est passée de 178 GWh à 230,8 GWh sur la même période.
Cette progression contraste avec le recul observé dans d’autres sources renouvelables. La production hydroélectrique a diminué de 26,5 %, tandis que l’énergie éolienne a reculé de 20,8 % au cours de l’année.
Malgré les avancées enregistrées dans le solaire, les énergies renouvelables n’ont représenté que 17,8 % de l’électricité produite à Maurice en 2025. Les centrales alimentées au Fuel Oil et au diesel demeurent la principale source de production électrique avec 49,6 % de l’électricité générée, devant le charbon qui représente 31,4 %.
La demande énergétique continue par ailleurs de progresser. La production totale d’électricité a augmenté de 3,9 % pour atteindre 3 551,6 GWh en 2025, tandis que les ventes d’électricité ont progressé de 4,7 %, passant de 2 931,5 GWh à 3 069,8 GWh. La demande de pointe a également atteint un nouveau sommet de 567,9 MW sur l’île Maurice, contre 525,7 MW l’année précédente.
Les chiffres publiés par Statistics Mauritius mettent ainsi en évidence les défis qui accompagnent la transition énergétique du pays. Si le solaire poursuit sa progression et que la part des énergies renouvelables continue d’augmenter, Maurice reste largement dépendante des combustibles fossiles importés pour assurer son approvisionnement énergétique et répondre à une demande en constante croissance.
Source : Statistics Mauritius

