
À l’occasion de la Journée mondiale des océans, célébrée ce 8 juin sous le thème des Nations unies « Reimagine: Beyond the world we know, a new relationship with our ocean », le Mauritius Oceanography Institute (MOI) et l’Institut Français de Maurice (IFM) ont organisé une rencontre interactive à Rose-Hill. L’événement a réuni décideurs, chercheurs, étudiants, ONG et représentants du secteur privé autour des enjeux liés à l’avenir des océans.
Renforcer la législation maritime
Présent à l’événement, le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, le Dr Arvin Boolell, a plaidé pour un renforcement de la législation maritime afin de mieux protéger la zone économique exclusive (ZEE) et le lagon mauriciens. Il a souligné l’importance pour Maurice de devenir une nation davantage tournée vers l’océan, dotée de politiques claires pour assurer le développement durable de l’économie bleue.
Lagons appauvris : cap sur la haute mer
Le ministre a également tiré la sonnette d’alarme sur l’appauvrissement des stocks de poissons dans le lagon. Il a encouragé les pêcheurs à exploiter davantage les ressources disponibles en haute mer, à travers le déploiement de dispositifs de concentration de poissons (DCP), tout en assurant que le gouvernement leur fournira la formation et l’accompagnement nécessaires.
Une ambition affichée : 20 % du PIB
Dr Boolell a invité les opérateurs du secteur à investir dans des équipements de pêche industrielle afin de mieux valoriser le potentiel de la ZEE mauricienne. Il a rappelé que les exportations annuelles de thon transformé représentent actuellement près de Rs 14 milliards et a réaffirmé l’ambition du gouvernement de faire de l’économie bleue un secteur émergent capable de contribuer à plus de 20 % du produit intérieur brut dans les années à venir.
Le Traité sur la haute mer en ligne de mire
De son côté, le ministre délégué Fabrice David est revenu sur l’Accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales, plus connu sous le nom de Traité sur la haute mer. Selon le ministre délégué, cet instrument juridique international, entré en vigueur en janvier 2026, permettra notamment la création d’aires marines protégées et renforcera les efforts de conservation des écosystèmes marins.
Un appel à la mobilisation collective
Le directeur de l’Institut Français de Maurice, Quentin Biehler, a rappelé que les océans font aujourd’hui face à de multiples menaces : réchauffement des eaux, acidification, pollution plastique, perte de biodiversité et surexploitation des ressources. Il a appelé à une mobilisation collective pour préserver cet écosystème essentiel à la vie sur Terre.
Le directeur du Mauritius Oceanography Institute, le Dr Daniel Marie, a quant à lui souligné que l’économie bleue ne se mesure pas uniquement en termes de croissance économique, mais également à travers sa résilience et sa stabilité. Il a invité l’ensemble des acteurs concernés à agir avec détermination afin de garantir que l’océan continue de soutenir les générations futures.
Cette rencontre a permis de mettre en lumière les défis auxquels font face les océans, tout en réaffirmant la volonté de Maurice de faire de l’économie bleue un pilier majeur de son développement durable.

