Les tarifs de l’eau devraient être revus à partir de septembre prochain, du moins pour certaines catégories de consommateurs. Si le ministre des Services publics, Patrick Assirvaden, a confirmé qu’une réflexion tarifaire est en cours afin de redresser la situation financière de la Central Water Authority (CWA), cette dernière affirme toutefois n’avoir reçu, à ce jour, aucune communication officielle du ministère concernant le montant de la hausse des tarifs.

Contactée par ION News, une agente de la CWA indique qu’elle n’a pas encore reçu de communication officielle du ministère concernant les nouveaux barèmes tarifaires ou leur date d’entrée en vigueur. Cette attente intervient alors que Patrick Assirvaden a dressé un constat préoccupant de la situation financière de l’organisme lors d’une intervention à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre, la CWA a enregistré un déficit de Rs 755 millions pour l’exercice clos au 30 juin 2025, tandis que son passif total atteint désormais Rs 11,2 milliards. Il explique cette situation par la hausse continue des coûts d’exploitation, notamment ceux liés à l’électricité, aux produits chimiques utilisés pour le traitement de l’eau et aux charges de personnel, alors que les tarifs de l’eau n’ont pas été révisés depuis janvier 2012.

Patrick Assirvaden souligne que le coût réel de production d’un mètre cube d’eau est aujourd’hui d’environ Rs 24, alors que celui-ci est facturé Rs 14, créant un manque à gagner d’environ Rs 10 par mètre cube. Le ministre rappelle également que les recettes issues de la vente de l’eau pompée par la CWA sont versées directement au Consolidated Fund depuis juillet 2009 et non dans les comptes de l’organisme, une situation qui, selon lui, pèse également sur ses finances.

Face à ces difficultés, Patrick Assirvaden estime qu’il « devient nécessaire de revoir cette équation tarifaire afin d’assurer un meilleur équilibre entre le coût réel de production et la tarification appliquée. Des travaux en matière de tarifs sont en cours à ce sujet ».

Le ministre a toutefois tenu à rassurer les ménages. « Il est important de préciser que, dans cette réflexion que nous aurons à partir de septembre en ce qui concerne les tarifs, les tarifs domestiques ne seront pas affectés », a-t-il affirmé. Selon lui, la révision visera certaines catégories de consommateurs, notamment les secteurs commerciaux et industriels. « Comme nous l’avons toujours dit, ceux qui peuvent payer, doivent pouvoir payer », a ajouté Patrick Assirvaden.

Pour illustrer cette approche, le ministre a cité le cas de certaines entreprises commercialisant de l’eau embouteillée. Selon lui, ces sociétés utilisent l’eau distribuée par la CWA, dont le coût représenterait seulement trois à cinq sous par bouteille, avant que celle-ci ne soit revendue à un prix nettement plus élevé sur le marché. Il estime qu’il est légitime de s’interroger sur la contribution de ces usages commerciaux à la pérennité du service public de l’eau.

Une révision des tarifs est déjà annoncée pour septembre et concernera également les ménages, une information confirmée par la CWA. À ce stade, la CWA affirme être toujours dans l’attente des directives qui lui permettront d’appliquer, le cas échéant, les nouveaux barèmes tarifaires.