Face à la Covid-19, les personnes âgées courent non seulement le risque de développer des formes graves de la maladie mais en subissent également des impacts psychosociaux, surtout dans un contexte où des mesures barrières leur sont imposées. La pandémie a accentué l’exclusion et les préjugés à leur égard en les infantilisant, explique le Dr Veyasen Pyneeandee.

« La crise a mis en évidence un discours public sur le vieillissement qui remet en question la valeur de la vie des personnes âgées et ignore leurs contributions à la société. On note que c’est elles qui sont les plus touchées en 2020 et qui sont absentes dans les décisions et les mesures politiques concernant leur santé en 2021 », affirme le médecin. Certaines personnes âgées sont isolées socialement et l’expérience récente du confinement représente une épreuve supplémentaire. Rappelons que Maurice compte plus de 200 000 retraités, soit 20 % de la population.

Malgré l’instauration d’une deuxième phase de déconfinement, les personnes âgées ont été invitées à limiter leur sortie en public. « L’isolement social dans ce contexte anxiogène conduit tout doucement vers une mort sociale », précise le Dr Veyasen Pyneeandee. Et d’ajouter que « les mesures politiques ont entraîné l’isolement des personnes âgées, provoquant chez certaines un syndrome de glissement, une pathologie qui les pousse à se laisser mourir par désespoir ».

Le professionnel de la santé cite l’exemple de Singapour qui a apporté des « solutions de programme et des activités destinées aux personnes âgées, notamment des cours en ligne, des activités de mise en forme à la télé pour celles qui ne sont pas adeptes de la technologie internet ». Quelle est la leçon à tirer ? « Dans cette pandémie, on pourrait développer des politiques publiques qui favorisent davantage l’inclusion sociale des personnes âgées et combattre l’âgisme », répond le Dr Veyasen Pyneeandee.

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