
Le Domestic Abuse Bill débattu au Parlement, ce mardi, a fait réagir le président de l’association SOS Papa, Darmen Appadoo. Ce dernier estime que le texte, bien qu’il vise à renforcer la protection des victimes de violences domestiques, comporte des lacunes susceptibles de désavantager les hommes. « La lwa la finn prepare par fam pou bann fam… Enn la lwa pa bizin fer twa vinn enn lisien dan to prop lakaz », affirme-t-il, estimant que certaines dispositions pourraient être utilisées comme moyen de pression au sein des conflits conjugaux.
Darmen Appadoo reproche également au ministère concerné de ne pas traiter les victimes masculines avec la même considération que les victimes féminines. Il cite deux affaires récentes : l’une où un mari a tué son épouse et une autre où une femme a tué son mari. Il demande pourquoi la ministre de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, avait participé à une marche en hommage à la victime féminine, alors que rien n’a été fait pour la victime masculine.
« Elle n’est pas la ministre de la Femme mais la ministre de l’Egalité des genres », insiste Darmen Appadoo, estimant que les politiques et dispositifs d’aide profitent essentiellement aux femmes, tandis que les hommes victimes de violences restent largement ignorés.
Le président de SOS Papa plaide pour une approche véritablement neutre. « Li pe fer krwar ena enn batay de sex, La lwa bizin protez tou viktim, ki li enn zom ouswa enn fam », soutient-il. Et d’ajouter que le projet de loi comporte « tro boukou defo », craignant que certaines dispositions soient exploitées abusivement. Selon lui, des hommes pourraient se retrouver exposés à diverses formes de chantage ou à des accusations utilisées comme moyen de pression dans les conflits familiaux.
Le projet de loi prévoit notamment d’élargir la définition des violences domestiques afin d’y inclure les violences économiques, émotionnelles, psychologiques et commises par voie numérique. Il introduit également de nouveaux mécanismes de protection, tels que des ordonnances d’exclusion du domicile, des programmes de réhabilitation pour les auteurs présumés ainsi que des sanctions renforcées en cas de non-respect des décisions judiciaires.