
Une affaire judiciaire qui pourrait coûter cher aux autorités britanniques… Le dossier trouve son origine avec l’arrivée de demandeurs d’asile srilankais à Diego Garcia entre 2020 et 2022. Estimant que les restrictions imposées à leurs déplacements sur l’île équivalaient à une détention illégale, plusieurs d’entre eux ont saisi la justice.
Le 16 décembre 2025, la Cour d’appel du British Indian Ocean Territory (BIOT) a rejeté l’appel du commissaire du territoire et confirmé les conclusions de la Cour suprême selon lesquelles ces restrictions constituaient une détention illégale. Le 6 février 2026, la même juridiction a refusé de lui accorder l’autorisation d’interjeter appel.
L’affaire se poursuit toutefois devant le Privy Council. Selon les documents judiciaires mis à jour au 3 juin 2026, le commissaire continue de contester les décisions rendues en faveur des demandeurs d’asile. Il soutient notamment que Diego Garcia, en raison de son statut de base militaire hautement sécurisée et dépourvue de population permanente, devrait être soumise à un régime juridique particulier.
La porte ouverte à des compensations
Si les décisions rendues jusqu’ici sont maintenues, les demandeurs d’asile pourraient réclamer des dommages et intérêts pour détention illégale. Aucune indemnisation n’a encore été accordée et aucun montant n’a été fixé. Mais une confirmation des jugements pourrait ouvrir la voie à des compensations financières à la charge de l’administration du BIOT et, indirectement, du gouvernement britannique.
Un précédent sensible
Au-delà de l’aspect financier, l’affaire pourrait créer un précédent important pour la gestion future de Diego Garcia. Le Privy Council devra notamment trancher une question centrale : les autorités du territoire peuvent-elles bénéficier de pouvoirs exceptionnels au nom de la sécurité d’une base militaire stratégique ? Sa décision pourrait entraîner des conséquences bien au-delà du sort des demandeurs d’asile concernés.

