Nids-de-poule, chaussées fissurées, affaissements et réparations qui ne semblent pas toujours résister au temps. Dans plusieurs régions, l’état de certaines routes continue d’alimenter les interrogations, alors même que Maurice poursuit d’importants investissements dans ses infrastructures routières.

Les images reçues par notre rédaction montrent plusieurs chaussées endommagées, certaines présentant des nids-de-poule parfois profonds, d’autres des fissures ou des affaissements. Pour les automobilistes, ces dégradations endommagent les véhicules et représentent un risque pour la sécurité routière, notamment après de fortes pluies lorsque les trous deviennent difficiles à distinguer.

Cette situation intervient alors que le gouvernement poursuit plusieurs grands projets routiers, dont la future autoroute M4, un chantier estimé à Rs 10,8 milliards. En parallèle, l’état de plusieurs routes existantes soulève des questions sur leur entretien et sur les moyens consacrés à leur maintenance.

La question de la responsabilité a récemment été évoquée par le ministre du Transport, Osman Mahomed, sur sa page Facebook. Il rappelle que, conformément à la Roads Act, la réparation des nids-de-poule ne relève pas de son ministère. Les routes non classifiées sont sous la responsabilité des municipalités et des conseils de district, les routes classifiées relèvent de la Road Development Authority (RDA), tandis que les dégradations causées après des travaux sur les conduites d’eau relèvent de la Central Water Authority (CWA). Le ministre précise également avoir échangé avec ses collègues afin d’améliorer la coordination entre les différentes institutions.

Au-delà de cette répartition des responsabilités, plusieurs questions demeurent. À quelle fréquence les routes sont-elles inspectées ? Comment les priorités d’intervention sont-elles établies ? Quel budget est consacré chaque année à l’entretien des routes existantes et selon quels critères les réparations sont-elles programmées ?

Les interventions de la CWA soulèvent également des interrogations. Après la réparation ou le remplacement de conduits souterrains, les chaussées sont généralement rebouchées avant d’être réasphaltées. Toutefois, plusieurs usagers affirment que certaines portions restent recouvertes de gravier, de sable ou d’un revêtement provisoire pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. D’autres évoquent des chaussées qui s’affaissent ou se dégradent rapidement après leur remise en état, relançant le débat sur le suivi et la qualité des réparations effectuées.

Au-delà des nouveaux projets d’infrastructures, la question de la maintenance du réseau routier existant reste donc entière. Entre les collectivités locales, la RDA et la CWA, les responsabilités sont réparties entre plusieurs organismes, tandis que les usagers attendent avant tout des routes entretenues, durables et sécurisées.

Nous avons sollicité la RDA afin d’obtenir des précisions sur le budget consacré à l’entretien des routes, les critères de priorisation des réparations, les délais de remise en état après les travaux des concessionnaires ainsi que le contrôle de la qualité des réparations. À l’heure de la publication de cet article, nous n’avions toujours pas reçu de réponse.