
Un dépliant de sensibilisation contre la drogue distribué par la police suscite une vive réaction au sein de la profession juridique. Dans une lettre adressée ce vendredi 26 juin au commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, l’avocat Me Arassen Kallee demande le retrait immédiat d’un dépliant en créole contenant la phrase : « Depense kas initil pou paye avoka ».
Selon Me Kallee, ce message porte atteinte au droit fondamental de tout citoyen d’être représenté par un avocat. Il estime que cette affirmation « frappe au cœur même du droit constitutionnel de chaque personne de solliciter et d’obtenir une représentation légale » et risque également d’ébranler la confiance du public envers l’une des institutions essentielles de l’administration de la justice.
Dans sa correspondance, l’avocat rappelle que la Constitution mauricienne garantit à toute personne le droit d’assurer sa défense avec l’assistance d’un conseil juridique de son choix. Il souligne qu’il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’une garantie constitutionnelle destinée à protéger les citoyens contre toute action arbitraire et à garantir une justice équitable.
Me Kallee insiste également sur le rôle des avocats dans le système judiciaire. « Barristers do not create crime nor promote drug trafficking », peut-on lire dans sa lettre. Selon lui, leur mission consiste à défendre l’État de droit, à protéger les droits constitutionnels, à garantir des procès équitables et à assister les tribunaux dans l’administration de la justice.
Dans sa lettre, Me Kallee affirme que la lutte contre la drogue constitue une priorité nationale qui mérite le soutien de tous, y compris de la profession juridique. Il demande au commissaire de police de prendre trois mesures : retirer immédiatement les dépliants de la circulation, en modifier le contenu et présenter des excuses à la profession d’avocat pour un message qu’il juge préjudiciable au rôle des avocats et contraire à un principe constitutionnel fondamental.
La rédaction d’ION News a contacté le Police Press Office par téléphone ce vendredi 26 juin afin d’obtenir une réaction concernant ces dépliants qui ont été distribués par la police. A noter qu’un e-mail a également été envoyé à la personne concernée. Au moment de la publication de cet article, nous n’avions toujours pas obtenu de réponse. ION News accorde un droit de réponse à la police et reste disposée à publier sa réaction dès réception de celle-ci.