
La cybersécurité ne sera plus uniquement l’affaire des départements informatiques. Le gouvernement veut désormais en faire une priorité de gestion pour l’ensemble des institutions publiques. À terme, chaque ministère et département gouvernemental devra intégrer la sécurité de l’information, la gestion des risques numériques et la cyber résilience dans sa planification financière annuelle. C’est le message du ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, lors d’un atelier consacré à la mise en œuvre des Cybersecurity and Cybercrime (Critical Information Infrastructure Designation) Regulations 2026, organisé le lundi 29 juin à Ébène.
Selon le ministre, cette nouvelle approche vise à mieux préparer Maurice face à des cybermenaces de plus en plus nombreuses et sophistiquées. Il a estimé que les conclusions de cet atelier contribueront à renforcer la résilience nationale et à protéger les services essentiels contre d’éventuelles cyberattaques.
Avinash Ramtohul a rappelé que le gouvernement a décidé de généraliser les Information Security Management Systems (ISMS) à l’ensemble des ministères et départements gouvernementaux. Désormais, les dépenses liées à la cybersécurité devront être prises en compte dans les budgets annuels, afin de permettre l’acquisition d’équipements adaptés, le renforcement des capacités techniques, la formation du personnel et une meilleure gestion des risques.
La première phase de mise en œuvre des nouveaux règlements concernera cinq secteurs considérés comme des infrastructures critiques : les services financiers, l’administration publique, les technologies de l’information et la radiodiffusion, l’énergie et l’approvisionnement en eau, ainsi que les transports. Ces secteurs feront l’objet de mesures renforcées afin d’assurer la continuité des services essentiels en cas d’incident ou de cyberattaque.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les autorités de régulation, les organismes de supervision et les opérateurs d’infrastructures critiques. Selon lui, le partage d’informations, le renforcement des compétences et la modernisation des équipements seront indispensables pour faire face à l’évolution constante des cybermenaces.
Au-delà de la cybersécurité, Avinash Ramtohul a indiqué que son ministère poursuit le développement de l’architecture numérique nécessaire à une utilisation sûre et responsable de l’intelligence artificielle. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer la souveraineté numérique de Maurice tout en alignant le pays sur les standards internationaux.
Le président du National Cybersecurity Committee, le professeur Vinaye Armoogum, a souligné que la cybersécurité ne relève plus uniquement de la technologie. Il a rappelé qu’elle constitue aujourd’hui un enjeu de résilience nationale, de stabilité économique et de sécurité publique, appelant l’ensemble des acteurs concernés à renforcer leur coopération pour protéger les infrastructures critiques du pays.