Malaise au sein de la Central Water Authority (CWA) où des employés dénoncent une détérioration du climat de travail, un manque de communication de la direction ainsi que l’absence de solutions concrètes à des problèmes qui perdurent depuis plusieurs mois. Au cœur des revendications figure le non-paiement de l’« Engineer Allowance » depuis le mois de janvier. Selon nos sources à la CWA, ce dossier serait actuellement bloqué au niveau du ministère de l’Énergie et des services publics, plus précisément au bureau de la Senior Chief Executive. Plusieurs employés estiment que les démarches entreprises n’ont pas permis d’aboutir au versement de cette allocation, alimentant ainsi un sentiment de frustration.

Selon les mêmes sources, cette situation ne concerne pas uniquement les ingénieurs. D’autres catégories d’employés seraient également affectées par des retards dans le paiement de diverses allocations et indemnités. Certains membres du personnel s’interrogent sur les priorités du management et en particulier du General Manager Shyam Thanoo. Face à ce qu’ils considèrent comme une absence d’écoute de la part de la direction, plusieurs ingénieurs et cadres techniques ont décidé de se regrouper au sein d’un nouveau syndicat, le CWA Technical and Other Staff Union (CWATOSU).

Cette nouvelle structure entend porter les revendications du personnel technique et dénoncer ce qu’elle qualifie de détérioration progressive des conditions de travail au sein de l’organisme. Le manque de personnel constitue également un sujet majeur de préoccupation. Selon plusieurs employés, la CWA ferait face à des déficits d’effectifs à différents niveaux opérationnels et techniques, compliquant davantage la gestion quotidienne des infrastructures ainsi que les interventions sur le terrain. Des interrogations subsistent également quant au déploiement des Reservoir and Pumping Station Attendants (RPSA), recrutés initialement pour assurer la surveillance des stations de pompage et des réservoirs de la CWA.

Selon nos sources, plusieurs employés auraient finalement été affectés dans différents bureaux régionaux, laissant ainsi plusieurs installations stratégiques sans surveillance adéquate. Cette situation inquiète particulièrement les employés qui évoquent une recrudescence de vols et des actes de vandalisme visant les infrastructures de la CWA. Des sources internes avancent que plusieurs dizaines d’incidents auraient été recensés depuis le début de l’année, entraînant la perte ou la détérioration d’équipements représentant des coûts importants pour l’organisme. Au-delà de l’impact financier, ces incidents seraient susceptibles d’affecter directement la qualité et la continuité du service fourni aux consommateurs.

Par ailleurs, les récents changements apportés aux horaires de distribution d’eau dans les régions de Vacoas, Phoenix et Curepipe continuent de susciter des critiques. Plusieurs abonnés estiment que ces modifications n’ont pas été suffisamment communiquées au public, provoquant confusion et mécontentement parmi les usagers. Selon les ingénieurs et officiers techniques, ce sont principalement les équipes de terrain qui doivent quotidiennement faire face aux interrogations et au mécontentement des consommateurs.

Face à cette situation, des discussions seraient en cours parmi les ingénieurs et les officiers techniques concernant d’éventuelles actions syndicales, notamment la possibilité d’un « go-slow » afin de faire entendre leurs revendications. À l’heure où la CWA doit relever d’importants défis liés à l’approvisionnement en eau et à la modernisation de ses infrastructures, plusieurs employés estiment qu’un dialogue social constructif ainsi que des décisions rapides seront nécessaires pour rétablir la confiance au sein de l’organisation et assurer la continuité d’un service essentiel à la population.

Cet article se base sur des informations fournies par des sources qui ont souhaité garder l’anonymat et c’est ce qu’a fait ION News conformément à son obligation de préserver l’identité de ses sources. Toutefois, avant toute publication, ION News donne la possibilité à toute personne, toute société ou tout organisme de réagir à ce qui lui a été communiqué. C’est ce qu’a fait la rédaction d’ION News en contactant à plusieurs reprises la Central Water Authority (CWA) par téléphone afin de recueillir sa version des faits. Tous les appels des journalistes sont restés sans réponse. ION News offre un droit de réponse à la CWA et reste disposée à publier sa réaction dès qu’elle parviendra à la rédaction.